III. — Onzième et douzième siècles
Au onzième siècle seuloment peut appartenir la mention des Polonais, et au douzième celle de la ville de f^ienne, bâtie en 1162.
Le grand génie de ce douzlènve siècle, qui sut réunir Cf^s éléments épiques, tels qu'ils s'étaient formés dans le cours de l'histoire dos peuples germaniques, en attachant les héros de phisieurs époques au principal événement de l'hisioiredes Bourguignons, la défaite du roi Gunther par les iluns; ce grand génie, dis-je, a donné à son récit la couleur du moyen âge féodal et chevaleresque. Le poëme n'est donc historique, a proprement parler, que pour ce temps môme, et ne présente des époques antérieures que l'image Irjnsmise par la tradition populaire. Ainsi la cour de Gunther est celle d'un prince du douzième siècle : l'armure des héros, et toute la de sociale, est celle du môme temps : les Huns du cinquième siècle vivent comme les Hongrois du onzième.
Les notices détaillées sur l'origine et l'histoire de ce poëme épique (auquel on peut, avec beaucoup de probabilité, rapporter h; passage célèbre do la vie de Charlemagne, « Item barLara et aniiquissima carmina, quibus velerum regum actus et « bella canebanlur, scripï-it memoriœque mantlavit »), ont été recueillies par les savants /rère^ Grimm, dans leur journal, \o. Deutsche TValder. La meilleure dissertation sur son importance nationale et sa beauté épique est de M. Aug.~G. Schlegel, dans le Musée germanique (Deutschcs Muséum), publié par M. Frédéric Schlegel.
La première édition, faite en 1757 par Bodmcr, fui dédiée a Frédéric le Grand, au génie duquel n'échappa point la grandeur de la conception de ce poëme, qui ne fut cependant apprécié par la nation qu'au commencement de notre siècle. Publié successivement par Hagen et Zeume, il a été dernièrement imprimé, d'après le manuscrit le plus ancien, avec un talent de critique éminent, par le célèbre philologue de Berlin, M. Lachmann.
Une traduction française de ce poëme, que les Goëihe et les Schlegel ont trouvé digne du nom de l'Iliade germanique, une traduction faite dans le style simple et naïf des chroniques, et précédée d'une notice historique et d'une analyse qui ferait ressortir la sublimité de la conception et les beautés de délai! de cette épopée, obtiendrait un succès général. Elle demanderait cependant un homme très-versé dans la littérature allemande ancienne, pour bien comprendre la langue dans laquelle le poëme original est écrit.