CHAPITRE XXXIII
Le polythéisme à Rome jusqu'au christianisme.
La réduction de la Grèce en province romaine fut l'époque de la décadence de la religion en Italie. L'esprit philosophique émigra à la capitahîdu monde. Bientôt tout ce qu'il y eut de grand a Rome en fut alt:iqué *. Les Catou . les Bruius, en pratiquèrent les vei lus ; les Lucrèce, les Cicéi on, en dé\ eloppcrciit les principes ; et les Tibère et les Néron, les vices.
Une autre cause , particulière aux Romains, contribua à la chute du polythéisme; l'admission des dieux étrangers au Panthéon national. Eu répandant la confusion dans les objets de foi, ou affaiblit la religion dans les cœurs. Bi<'nlôt les Romains , encore républicains, mais corrompus, tombèrent dans l'apiihie du culte. 11 n'y a que les peuples très-libres ou très-esc!avcs qui soient esscnlieilemcnt religieux. Les preuiiers, par leurs vertus, se rapprochent de la Divinité; les seconds se réfugient au pied de son trône, par i'ins-
qui ont cherché a faire de la liaison de la religion et de la politique un argument pour attaquer ce que nous avons. Ces écrivains ont interverti l'axiome, et ils ont dit: Lorsque la constitution d'un Etat change, la religion de cet Etal chan^^e nécessairement; ainsi nous deviendrons protestants, parce que nous avons une monarciiit; constitulionnelle ; principe aussi absurde en logique que faux en histoire. (N. Éd.)
a Rien n'est plus étrange que la disposition de mon esprit dans tout cela. Je partage en partie les opinions de ces mêmes philosophes contre lesquels je m'élève; j'adopte intérieurement leurs principes, et je repousse extérieurement l'application qu'ils en ont faite. Que voulais-je donc? Que les philosophes joignissent l'hypocrisie à l'impiété? Non, sans doute, et pourtant telle serait la conclusion qu'il faudrait nécessairement tirer de mon amour pour leurs doctriiu^s et de ma haine pour leurs personnes. Le fait est que je n'étais qu'un blanc-bec de sophiste, dont les idées et les sentiments en opposition produisaient ces misérables incohérences. (N.Éd.) Toute cette page est bonne, appliquée au polythéisme. (N. Éd.)
» Dès avant cette époque la philosopliie avait été connue à Rome, comme le montre Cicéroa au commencement du quatrième livre des Tusculanes. I! y parle d'un Amalanius qui écrivit de la philosophie, et forma une secte nombreuse. Mais je ne sais où on a pris que cet Amafanius enseignait la doctrine d'Epicure. Cicéron garde là-dessus un prolond silence.
tinct de leurs malheurs. L'honnête homme et l'infortuné sont rarement incrédules : le vice l'est presque toujours *>.
Mais un homme extraordinaire ^ avait paru dans l'Orient. Le commencement du christianisme ciant la lin du polythéisme, l'histoire de celui-ci va désormais se trouver réunie à celle du premier.