CHAPITRE XXXÏV
Histoire du christianisme, depuis la naissance du Christ jusqu'à sa résurrection».
11 existait un peuple haï des autres peuples ; nation esclave et cruelle, qui , lîors un législateur, un loi et quehjues poêles d'un beau génie, n'avait jamais produit iin seul grand homme. Le Dieu de Sinaï était son Dieu. Ce n'était point, comme le Jupiter des Gri es, une divinité revêtue des passions humaines, mais un Dieu tonnant, un Dieu sublime, qui, entre toutes les cités de la terre, choisit la ville de Jacob pour y être adoré.
Parmi ce peuple jdif, lEleinel avaitdit qu'une vierge, delà maison de David, écraserait la têle du serpent et enfanterait un Homme-Dieu. Et cependant les siècles s'élaient écoulés, et Jérusalem <;émissait sous le joug d'Auguste, et le grand monartjue tant attendu n'avait point encore paru.
Tout à coup le bruii se répand que le Sauveur a vu le jour dans la Judée. Il n'est point né dans la pourpre, mais dans Tiuimble asile de l'indigciice; il n'a pî int été annoncé aux grands et aux superbes, mais les anges l'ont révélé aux petits et aux simples ; il n'a point réuni autour de son berceau les heureux du inonde, mais les infortunés ; et. par ce premier acte de sa vie, il s'est déclaré de préférence le Dieu du misérable.
Si la morale la plus pure et le cœur le plus tendre, si une vie passée à combatiie l'erreur et à soulager les maux des hommes, sont les allribuis de la Divinité, qui peut nier celle de Jésus-Chiist ? Modèle de louies les venus, l'aniitié le voit endormi sur le sein de Jean, ou légiant sa mère à ce disciple chéri ; la tolérance l'admire avec attendrissement dans le jugement de la femme adultère ; pailout la pitié le trouve bénissant les pleurs de I infortuné; dans son aniMurpour les enfants, son innocence ei sa candeur se décèlent; la force de son âme brille au milieu des tourments de la croix; et son dernier soupir, dans les angoisses de la mort, est un soupir de miséricorde.