CHAPITRE LIlï
Du clergé en Angleterre- Le christianisme expirera en Angleterre dans une profonde indifîérence. La
gion chrétienne avait reçu un coup mortel, qu'elle n'en reviendrait pas, que c'était uneatlaire tinie? (N. Éd.)
a Bien observé: la France pourrait être impie ou indilTéreute en matière le igieuse; elle ne sera jamais protestante. (N. Éd.)
•» Encore très-bien ; mais pourquoi disais-je tout à l'heure le contraire? Pourquoi parlais-je de l'égoïsme des prêtres? (N- Éd.)
c Quelques années de plus :\e me suis souvenu tout à coup (on le voit par cette phrase) (Je ce que j'avais écrit plus haut; et, pour ne pas me mettre trop en couiradiclion avec moi-Uième, je me fais une petite concession de quelques années,
(N. ÉD
d 11 y a quelque vérité dansées observations, mais je prononce trop en général. Il aurait fallu distinguer les divers Etals de l'Italie; ne pas prendre Rome pourtouiela Péninsule , ne pas parler de la cour de Rome sous Pie VI, Pie VII et Léon XIÏ, comme de cette même cour sous les liorgia. Il y a confusion de temps, d'homines et de choses. (N. Éd.)
« Voyez pour la réfutation de tous ces chapitres, relatifs au clergé catholique, une note a la page 595 de ce volume, contenant quelques extraits du Oénir du Chrimia^ nisme; noie que, par son étendue, je n'ai pu placer ici. H m'a paru impoitant de mettre ces extraits imiuedialemeut ious les yeux du lecteur, sans le renvoycT au Géui€ du Chrisiianmne, (N. Ed.)
rAîson de cette tiédeur en nialiè'e religieuse, si remarquable dans la Grande- Bretagne, se lire de deux causes* : du culte et du clergé.
Du culte. La religion ny a pas assez d'extérieur : défaut de toutes les reltgions réformées; les exercices de piété n'y sont pas assez multipliés : dans les campagnes, les temples restent fermés penduit la semaine, et tout s'y borne à quelques courtes prières le dimnuche. Johnson se plaint souvent de cet usage, et en prédit la (bute du christianisme.
Du clergé. Le ministre anglais, riche et homme du monde, ne se rapproche pas assez du peuple; à peine ses paroissiens le connaissent-ils. L'abus de non- résidence esl aussi au grand détriment de la religion : un ministre va desservir en hâte deux ou trois ég'ises le dimanche dans la campaijne, ensuile il se relire dans la ville voisit»e, où il dispaïaîl pour huit jours. Vu sous le jour philosojihique, on ne saurait blâmer le mode de vie qu'a, choisi le clergé bri" tannique : considéré sous le jou?' religieux, il accélère certainement la chute du christianisme. On ne peut se figurer l'élonnement des étrangeis lorsqu'on letir apprend que les minisires anglais d;insenlau bal, donnent des fèies, font des pariit'S de vin et de femmes; qu<' rien, en un mot, ne distingue leurs mœurs de ceihs de leurs compatriotes^. Les lumières, l'érudition, la phih Sophie, la générosité, que j'ai rencontrées parmi quelques membres de lEglise anglicane, me fontdt pl(»rer du fond du cœur la ruine où je vois que la lorce des choses ei le train du siècle les précipitent. Il me sendile impo Sible que leur manière de vivre s'accorde longtemps avec leurs grands revenus parce que la première est d'eux el que h s seconds sont du peuple. Si je parle sévèremenl, qu'on m excuse : j'ai fait profession de vérité; c'est par reconnaissance mêfue que j'< se m'expliquer avec celle franchise, afin que le clergé cherche dans Sa sagesse le^ moyens les plus propres à éloigner la cataslrophe que je lui prédis '*.