DE M. LE COMTE DE FORBIN
Mai 1819.
Monsieur le comte de Forbin, dans son Voyage au Levant, réunit le double mérite du peintre et de l'écrivain : \ Utpictura poesis semble avoir été <Jit pour lui. Nous pouvons affirmer que, dessinés ou écrits, ses tableaux joignent la fidélité à l'élégance. Nous avons vu quehjues lieux qu'il n'a puint visités, comme Sparte, Rhodes elCarthage', mai> il a panouru à son luur des ruines qui ont échappé à nos observations, telles que celles de Césaréc, d'Asialon et de Thèbes. A cela près notre course, quasi la même, a élé accomplie dans le même espace de temjjs. Plus heureux que nous seuh-meni, M. le comte de Forbin avait un pinceau pour |)eindre, et nous, nous n avions (ju'un crayon : un roi légitime lui a donné de grands vaisseaux pour le ir;inspoiter en haute mer; et nous, nous possédions à peine la petite barque d Hor.ice pour raser la terre, hiremis prœsidio scaphœ. Nous sommes forcé d envier au voyageur jusqu'au château dont il s'est délail pour subvenir aux frais de la roule : quant à nous, on avait eu soin de ne nous l^iisser à venire que nos cofiuilles de pèlerin.
M. le comte de Forbin s'tnibiirqiia à Toulon le -i2 août 1817, sur la division na\alc composée de la frégate la Cleopàtie, de la corvetie VEspérance, (\es gabans la Surveillante et VActive. Il avait pour compagnons de voyage: M. labhé de Janson, missionnaire ; IM. Huyol. architecte ; M. Piévosl, auteur tic beaux panoramas j et rinforiuné M. Cochcreau , peintre, el neveu de
574 IVIÉLANGES LITTÉRAIRES.
M. Prévost. La (loUo se ironva lo jour de la Saint-Louis à la vue de la côte de Tunis. « M. l'abbé de Jnnon célébra la mrsse sur le gaillard d'arrière. Vingt « ei un coups de canon el des cris de Vive le Roi ! saluèrent le rivage où saint « Louis rendit à Dieu sa gîande ànie. Ce noble souvenir frappa tout 1 é.[ui- « page. Quel rapprocbenienl en effet; qu;!l spectacle que celui de ce désert « qui fut jadis témoin du deuil des lis, et qui conserve aujourd'hui les ruines « de Carlhage * î »
Otez la religion de ce beau tableau, que resiera-t-il? Quelques ruines muettes, et la poussière d'un roi.
Le 30 août, près la cùie de Cérigo. mourut le jeune Cochereau, qui avait entrepris le voyage plein de joie et d'ardeur^. Dans les projets de la vie on oublie trop facilement cet accident de la mort, qui abrège tous les projets. C'est pourquoi les hommes ont raisonnablement fixé la patrie au lieu de la naissance, el non pas à celui de la mort, toujours incertain : Lyrnessi domusalta, solo LaureDle sepulcrum.
Les voyageurs débarquent à Milo, où M. Huyot eut le malheur de se casser la jambe.'M. le comte de Forbin, demeuré seul avec M. Prévost, se hâte d'aller visiter Athènes.
Il faut lire la description d'Athènes dans le Voyage. M. le comte de Forbin peint avec une expression heureuse ces ouvrages de Périclès, que nous avons nous-même tant admirés. «Chacun d'iceux, dit Plutarque, dès lors qu'il fut « parfait, sentoitdéjà son antique, quant à la beauté ; et néanmoins, quant à « la grâce et vigueur, il semble jusques aujourd'hui qu'il vienne tout fraischea ment d'e-trefait et parfait, tant il y a ne sais quoi de florissante nouveauté, « qui empesche que l'injure du temps n'en empire la vue, comujc si chacun « desdils ouvrages avoit au dedans un esprit toujours rajeunissant, et une âme « non jamais vieillissante, qui les cnireiinsi en celte vigueur. »
Le voyageur rencontra à Aihènes notre ancien hôte, M. Fauvel, si digne de faire les honneurs de la Grèce. Nous voyom» aussi que l'archevêque d'Athènes allait marier son neveu à la sœur de l'agent de France de Zéa. Cet agent est apparemment le fils de ce pauvre M. Pengali <iui se mourait de la pierre lorsque nous passâmes dans son île, et q»ii n'en mariait pas moins une des quatre demoiselles Pengali, lesquelles chantaient en grec :Ak! vous dirai- je, maman, pour nous adoucir les rt grets de la patfie. Lî fils de M. Pengali nous a écrit depuis la restauration ; il nous avait connu persécuté par Buon;iparte pour noire attachement à la famill" des Bourbons ; il se figurait que nous devions être tout-puissant sous le roi. Nous nous sommes bien donné de garde de solliciter la (laveur qu'il den>andait auprès des ministres de Sa Majesté : nous aurions craint de faire destituer le pauvre vice-cousul, pour nous avoir jadis reçu- parla volonté des dieux, dans la maison de Simonide.
M. le comte de Forbin nous apprend encore, au sujet dAihènes, que le docteur Avrjimiotli a'écrit en grec une brochure contre nous. E>t-ce qu'il y a des ministériels à Athènes ? S'ils sont pour Périclès, nous passons de leur côté ; mais s'ils sont pour Hyperbolus ou pour Crilias, nous restons dans l'opposition. Nous ignorons ce que nous avons fait au docteur Avramiolti : nous le citons d;tns Vltinéraire avec toute sorte de considération. Se serait-il fâché parce que nous avons dit qu'il semblait un peu fatigué de notre visite? Cel;i pourtant était tout simple : nous devions être Irès.-ennuyeux. Nous sommes donc aujourd'hui la fable et la i isée d'Argos ? Nous lâcherons de nous en consoler, en songeant que depuis le temps de Clyiemnestre on a^tenu bien de mauvais propos dans cette vdie.
Le vo\ageur se rembarque et poursuit sa course vers le Bosphore. Il voiten passant le caj» Sunium, où nous nous arrêtâmes, prêt à' quitter la Grèce. Arrive à Consanlinople^il se rend chez l'ambassadeur de France. « Les nobles quali- « lés de M.de Rivière m'étaienl connues, dit-il ; mais je découvris en lui cha-
« Voyage dans le Levant, p. ft.
• Ibidem, (>. 0.
« que jour de plus hautes vertus sous les formes les plus franches et les plus « aimables. » Nous n'eûmes point le bonheur de rencontrer M. de Rivière à Conslantinople; mais nous y fûmes reçu par M. le général Sébastiani avec une hospitalité que nous nous sommes plu à reconnaître, et que le changement des temps ne peut ni ne doit nous faire oublier.
Nous avons beaucoup de descriptions de Conslantinople; il y en a peu qu'on puisse comparer, pour l'originalité et la parfaite ressemblance ^ à celle que Ton trouve dans le Nouveau Voyage du Levant j nous ne pouvons résister au plaisir dô la transcrire : <3i
«J'ai vu dans cette ville singulière, dit le voyageur, des palais d'une admi- « rable élégance, des fontaines enchantées, des rues sales et étroites, des bara- « ques hideuses et des arbres superbes. J'ai visité Sandalbezestan, Culchilar- « bezestan, où se vendent les fourrures. Partout le Turc me coudoyait, le Juif « se prosternait devant moi, le Grec me souriait, l'Arménien voulait me trom- « per, les chiens me poursuivaient, et les tourterelles venaient avec confiance « se poser sur mon épaule ; partout enfin on dansait et on mourait autour de « nous. J'ai entrevu les mosquées les plus célèbres, leurs parvis, leurs porti- « ques de marbre soutenus par des forêts de colonnes et rafraîchis par des « eaux jaillissantes. Quelques monuments mystérieux, restes de la ville de « Constantin, noircis, rougis par les incendies, sont cachés dans des maisons « peintes, bariolées et souvent à demi brûlées. Les figures, les costumes,- les « usages, offrent partout le spectacle le plus pittoresque, le plus varié. C'est H Tyr, c'est Bagdad, c'est le grand marché de l'Orient*. »
De Constantinople M. le comte de Forbin descend à Smyrne, où il retrouve M. Huyot chez les pères de la Mission, « à qui, dit le voyageur, cet artiste doit « incontestablement la vie. » On passe de Smyrneaux ruines d'Ephèse, dont la description est un des plus beaux morceaux du Voyage.
« Je parvins, dit M. de Forbin, avec assez de difficulté, par une journée brû- « lante, jusqu'à la vaste enceinte du temple de Diane. L'ensemble paraît être « de la grandeur du Louvre et des Tuileries, en y comprenant le jardin. . .
« A la vue de ces constructions gigantesques
« il est aisé de concevoir les dépenses qu'elles coûtèrent à tous les peuples de « la Grèce et de l'Asie. On rencontre derrière le temple de Diane un monu- « ment circulaire orné de colonnes ; un autre, de forme carrée, et au milieu un a emplacement dont le pavé était de marbre. Un édifice assis sur des souter- « rains est entièrement tombé. Ces ruines composent un grand monticule « entouré de plusieurs autres, tous formés des débris portant la merveilleuse « empreinte du goût exquis des Grecs à l'époque brillante de leur puissance, « do leurs succès dans tous les genres.
« Quel sujet d'émotions plus profondes que celui de cette grande destruction ! a Quelle terrible et singulière leçon que cette promenade d'une lieue où l'on « ni;>rche sans cesse sur des décombres, où des matériaux d'une admirable « richesse couvrent des plaines, des montagnes, des vallées, n'offrant d'asile « qu'aux loups et à de nombreux sangliers ! La porte de la Persécution est un « monument en marbre, construit des arrachements et des restes d'édifices
« postérieurs ; elle me rappela les monuments romains
« • . ^ Le dernier tremblement de terre a renversé cette porte,
«qui était si bien conservée lorsque je la dessinai. On marche pendant un et quart de lieue sur un terrain couvert d'un épouvantable chaos de pierres et « de marbres amoncelés, empilés : frises, frontons, architraves, métopes, staw lues, tout ce qui charmait autrefois les yeux par sa régularité et saperfec- « lion, les effraie aujourd'hui par la confusion de ses débris, •î « Je suivis un aqueduc qui réunit dans les montagnes les eaux des sources « les plus abondantes : il les amène eocore, mais personne ne va s'y désaltérer. « Celte rivière, portée sur des murs élevés, rencontre enfin une brèche char-
> Voyag» dans le Levant ^ p. il.
« gée de vignes sauvages : elle tombe alors en cascade, et sa nappe limpide se a brise sur le dôme des ruines et des bains turcs.
« Les siècles les plus reculés et les âges de barbarie ont écrit leurs annales ce dans ce lieu des regrets, des hautes réflexions, où tout parle si noblement de
a la mort
« L'aspect général d'Ephèse me rappelait celui des marais Pontins. A l'heure « où le soleil descendait dans la mer, l'harmonie des lignes, la vapeur chaude a des lointains, le voile de celte heure mystérieuse, formaient un ensemble a touchant et mélancolique, supérieur aux plus beaux paysages de Claude Lor- « rain. Peut-être un jour, me disais-je, un homme des Florides viendra-t-il « visiter ainsi les ruines de ma patrie, et, comme dans Ephèse, quelques noms « seuls demeureront debout au milieu de la poussière des marbres et de la « cendre du cèdre et de l'airain. Je me rappellerai longtemps l'impression <f douce et triste de celte soirée : les échos, cachés dans des conduits profonds, a répétaient alors les moindres bruits ; le frémissement du vent dans les M bruyères ressemblait à des clameurs souterraines ; l'imagination croyait ente tendre les derniers sons de l'hymne des prêtres de Diane, ou les chants des a premiers chrétiens autour de l'apôtre d'Éphèse*.»
fD'Ephèseon arrive à Saint-Jean d'Acre; on suit le voyageur à Césarée, à Jaffa, à Jérusalem, à la mer Morte, au Jourdain; on revient avec lui à Jaffa; on l'accompagne avec le plus vif intérêt à Ascalon et dans le désert qu'il traverse pour se rendre à Damiette; on remonte le Nil avec lui jusqu'au Caire, de là jusqu'à Thèbes, où se termine sa course comme arrêtée par des monceaux de ruines. L'Egypte ressemble à ses colosses : renversée dans le sable, l'œil du voyageur, qui n'aurait pu l'embrasser tandis qu'elle était debout , en mesure avec étonnemeni les proportions gigantesques et les énormes débris. On renaarque un contraste singulier dans les monuments égyptiens : immenses en dehors, en dedans leurs dimensions sont resserrées. Dans ce vaste tombeau qui semble écraser la terre, dans cette haute pyramide qu'on aperçoit à quinze lieues de distance, on ne peut entrer qu'en se courbant. Tandis que sa masse indestructible annonce extérieurement la grandeur et l'immortalité du génie, sa capacité intérieure offre à peine la place d'un petit cercueil : ainsi ce tombeau semble faire le partage exact des deux natures de l'homme.
C'est avec un charme particulier qu'en parcourant les tableaux de M. le comte de Forbin nous reconnaissons dans ses personnages nos anciens hôtes , ces vertueux Pères de Terre-Sainte, encore plus malheureux aujourd'hui qu'ils ne l'étaient lorsqu'ils nous reçurent dans toute la charité évangélique. Nous avons revu, non sans attendrissement, le nom du père Clément Perez et celui du bon père Munoz au cœur limpido e bianco : nous nous sommes réjoui en apprenant que M. Drovetti occupe une place auprès du pacha d'Egypte ; mais puisqu'il devait adopter une patrie étrangère, nous aurions mieux aimé que celle qu'il a si honorablement servie l'eût reconnu pour son enfant. Homère était bien heureux. Lui donnait-on l'hospitalité , il mettait le nom de son hôte dans ses ouvrages, et voilà son hôte immortel : nous autres obscurs voyageurs nous ne pouvons payer les soins qu'on a pris de nous que par une stérile reconnaissance.
Nous sommes obligés d'abréger les citations de l'ouvrage de M. le comte de Forbin, parce qu'il faudrait trop citer ; mais nous recommandons particulièrement aux lecteurs les descriptions d'Ascalon et de Césarée, de ces deux villes encore debout, mais sans habitants, telles que le prophète nous représente Jérusalem assise dans la solitude, ou le port deTyr battu par une mer sans vaisseaux. On verra avec plaisir la louchante histoire d'ismiil et de Maryam. Parmi les dessins il faut remarquer celui de la mosquée d'El-Haram, et une vue de Jérusalem prise de la vallée de Josaphat. En véritable peintre, M. le comte de Forbin a saisi le moment d'un orage, et c'est k '> lueur de la
Voyage dam le Levant, pag- 50 et suiv.
foudre qu'il nous montre la cilé des miracles. Il nous pardonnera de rappeler quelques ligues ûaV Itinéraire y qui nous serviront à décrire son tableau: « L'aspect de la vallée de Josaphat est désolé : le côté occidental est une fa- « laisede craie qui soutient les murs gothiques de la ville, au-dessus desquels K on aperçoit Jérusalem : le côté orienial est formé par la montagne des Oli-
K viers et par la montagne du Scandale
K Les pierres du cimetière des Juifs se
a montrent comme un ainas de débris au pied de la montagne
« A la tristesse de Jérusalem, dont il ne s'élève aucune fumée, dont il ne sort « aucun bruit; à la solitude des montagnes, où l'on n'aperçoit pas un être vice vaut; au désordre de toutes ces lombes fracassées, brisées, demi-ouvertes, « on dirait que la trompette du jugement s'est déjà fait entendre, et que les « morts vont se lever dans la vallée de Josaphat. »
On ne saurait trop louer le voyageur d'avoir porté dans la Terre-Sainte des sentiments graves : avec un esprit de doute et de moquerie il n'aurait rien vu, et il aurait tout défiguré. Nous admirons le grand Voyage d'Egypte ; nous rendons hommage aux gens de lettres et aux artistes qui l'ont exécuté ; mais nous soulTrons quand nous voyons commenler les livres de Moïse avec une assurance qui fait de la peine, pour peu qu'on ait quelque connaissance des langues orientales. Expliquer la colonne de nuée et de feu qui conduisait les Hébreux dans le désert, par un réchaud cylindrique dans lequel on entretient un feuvif et brillant, en y brûlant des morceaux très-secs de sapin, n'est-ce pas une imagination un peu tiop philosopliique? L'auteur a-t-il trouvé l'histoire de ce réchaud dans quelque antique manuscrit arraché au tombeau d'OsymanduéPNon : il s'appuie de l'auioriié du xxiv* numéro d'un journal intitulé le Courrier de l'Egypte, imprimé au Caire, où Buonaparte avait établi la liberté de la presse pour les Arabes. On nous permettra de nous en tenir à la version du Penlateuque. Le texte ne dit point du tout un réchaud , mais une nuée; nous ne voulons pas citer de l'hébreu. Les Septante et la Vulgate traduisent exactement.
Heureusement il s'en faut beaucoup que tous les Mémoires du magnifique Voyage d'Egypte soient écrits dans le même esprit , témoin ce passage où M. Rozière, ingénieur eu chef au corps royal des mines, parle de l'expédition de saint Louis. « Alors, dit-il, la religion sincère, la foi chrétienne touchante « et sublime dans les grandes âmes, la brillante chevalerie ignorante et naïve, « craignant le blâme plus que la mort, pleines de nobles sentiments et d'illu- « sions magnanimes, guidaient loin de leur pays les enfants de la France. » Voilà qui est beau, très-beau. Quand on aspire à l'immortalité, c'est une grande avance que d'être chrétien.
L'ouvrage de M. le comte de Forbin achèvera de prouver qu'on peut faire aujourd'hui promplement et facilement ce qui demandait autrefois beaucoup de temps et de fatigues. Un voyageur qui noliserait un vaisseau à Marseille, et qui partirait par les grands vents de l'équinoxe du printemps, pourrait jeter l'ancre à Jalîa le vingtième jour après son départ, et peut-être même plus tôt ; le vingt et unième Userait à Jérusalem; mettons huit jours pour voir les lieux saints, le Jourdain et la mer Morte, six semaines ou deux mois pour le retour, ce voyageur serait donc revenu dans sa famille avant qu'on eùi eu le temps de s'apercevoir de son absence. Qui n'a trois mois à sa (lisposiiion ? Une serait pas plus long de se rendre chaque année à Athènes, à Thèbes, à Jérusalem, que d'aller passer l'été de châteaux en châteaux aux environs de Paris : on se délasserait des jardins anglais dans le potager d'Alcinoùs.
Les Français peuvent tirer un autre profit de leurs voyages; ils peuvent se convaincre, en parcourant le monde, qu'il n'y a rien de plus beau et de plus illustre que leur patrie. Ils ne sauraient faire un pas dans 1 Orient sans retrouver partout les immortels souvenirs de leur race, depuis ces chevaliers qui régnèrent à Constantinople, à Sparte, à Antioche, à Ptolémaïs, qui combattirent à Ascalon et à Carthage, jusqu'à ces quarante mille voyageurs armés qui vainquirent aux PyramideS; et battirent d«s maius aux ruines de Thèbes.
Cette armée, dont l'Arabe du désert raconte encore les hauts faiis , vengea les chevaliers de la Massoure; mais t lie ne releva point à Jérusalem les doux sentinelles françaises qui gardent si fitlèlement le Saint-Sépulcre : Godefroy de Bouillon et Baudouin son trère.
M. le comte de Forbin se montre partout bon Français, et il doit quelquesunes de ses plus belles pages aux inspirations puisées dans l'amour de son pays. Le poêle de Smyrne promet des succès à ceux qui combattaient «epî nirçtii, pour la patrie.