LOUIS VIL
Le règne de Louis VU , dit le Jeune , vit beaucoup de choses: le Code de Justinien retrouvé, la doctrine d'Abeilard condamnée au concile de Soissons -, la faction des Guelfes et des Gibelins répandue en Italie; la seconde croisade prêchée par saint Bernard. Suger et Bernard étaient deux hommes supérieurs, de nature antipathique l'un à l'autre ^ mais Bernard, sans être ministre, gouvernait le monde en sa double qualité de saint et de moine réformateur.
Louis le Jeune , revenu de la croisade , répudie Éléonore d'Aquitaine pour cause présumée d'adultère avec un jeune Sarrasin : il lui restitua la Guienne et le Poitou. Éléonore se remarie à Henri, comte
d'Anjou et de Normandie, qui, devenu roi d'Angleterre sous le nom de Henri II, se trouva roi d'Angleterre, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou et de Poitou, de Touraine et du Maine. Cette restitution probe , mais impolilique , à laquelle Suger s'était opposé , parce qu'il en prévoyait les résultats, démembra la monarchie, introduisit l'ennemi dans le cœur du pays, et favorisa les grandes guerres que l'Angleterre fit à la France avec des Français.
Le douzième siècle est mémorable par de rapides progrès vers d'autres idées. Alexandre III, dans le troisième concile de Latran, déclara que tous les chrétiens devaient être exempts de la servitude : la croix portait son fruit.
Les écoles se multiplièrent dans les cathédrales et dans les monastères ; les collèges s'établirent en dehors de ces monastères ; l'Université prenait de nouvelles forces -, les étudiants étrangers égalaient dans Paris le nombre des habitants.
En Angleterre survint le différend fameux entre Henri H et Thomas Becket, relativement aux immunités ecclésiastiques.