‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 114 sur 188 · DU DISCIPLE SOUSTENANT SON MAISTRB · texte numérisé non relu

DU DISCIPLE SOUSTENANT SON MAISTRB

Du premier coup entendez ma responce^ Folz détracteurs : Mon maistre vous annonce Par moy, qui suis l'un de ses clers nouveaulx, Que pour rithmer rie vous crains deux naveaulx | Et eussiez vous de sens encor une once*

'fUi'ê RONDEAUX

Si Tespargnez, tous deux je vous renonce ; Piquez le donc mieulx que Fespine ou ronce, Luy envoyant des meilleurs et plus beaulx Du premier coup.

Et tenez bon, ensuy vant sa semonce ; Car si un coup ses deux sourcilz il £ronce, Et eussiec vous de rithmes et rondeaulx Plein trois barrilz, voyre quatre tonneaulx. Je veulx mourir s'il ne les vous deffonce Du premier coup.

d'un qui incite unb jeunb dame a faire amy

A mon plaisir vous faictes feu et basme, Parquoy souvent je m'estonne, ma dame, Que vous n'avez quelque amy par amours. Au diable Fun qui fera ses clamours Pour vous prier quand serez vieille lame.

Or, en effect, je vous jure mon ame Que si j'estois jeune et gaillarde femme, J'en aurois un devant qu'il fut trois jours A mon plaisir.

Et pourquoy non ? Ce seroit grand diffame Si vous perdiez jeunesse, bruyt et famé Sans esbranler drap, satin et velours.

Pardounez moy si mes motz sont trop lourdz ; Je ne vous veulx qu'aprendre vostre game A mou plaisir.

DE l'amoureux ARDÀNT (1524)

Au feu qui mon cueur a choisy, Jectez y, ma seule Dee^e,

De l'eau de grâce et de liesse, Car il est consommé quasy.

Amour Fa de si près sasiy, Que force est qu'il crie sans cesse Au feu.

Si par vous en est dessaisy, Amour luy doint plus grand' destresse ^

Si jamais sert autre maistresse :

Doncques, ma dame, courez y Au feu.

A UNB MBDISANTE

On le m'a dict, dague à rouelle, Que de moy en mal vous parlez ; Le vin que si bien avaliez Vous le mect il en la cervelle ?

Vous estes rapporte nouvelle, D'autre chose ne vous meslez, On le m'a dict.

Mais si plus vous advient, meselle, Vos reins en seront bien gallez ; Allez, de par le diable, allez, Vous n'estes qu'une macquerelle, On le m'a dict.

viu

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