D UN LIBU DE PLAISANCE
Plus beau que fort ce lieu je puis juger, Parquoy le veulx non pas comparager A Ilion, non à Troye la grande, Mais bien au val tapissé de lavande Où s'endormit Paris, jeune berger.
En ce beau lieu Dyane vient loger; Ne vueillez donc sur luy faulte songer Car il est tel comme elle le demande, Plus beau que fort.
Maintz ennemys le viennent assiéger Dont le plus rude est le serein legier, L'autre le geay , la passe, la callande ; Ainsi la dame (à qui me recommande) S'esbat à veoir la guerre en son verger Plus beau que fort.
d'aucunes nonnains
Hors du convent Tautrehyer soubz la couldretlc
Je rencontray mainte nonne proprette,
Suyvant Tabbesse en grand' dévotion ;
Si cours après, et par affection
Vins aborder la plus jeune et tendrette.
Je Taraisonne, elle plainct et regrette, Dont je congneus (certes) que la povrette Eust bien voulu autre vacation Hors du convent.
Toutes avoient soubz vesture secrette Un tainct vermeil, une mine saffrette.
Sans point avoir d'amour fruition.
Hal (dis je lors) quelle perdition Se faict icy de ce dont j'ay souffrette. Hors du convent.
D^ALLIANGB DB PBNSBB
Un mardy gras, que tristesse est chassée, M'advint par heur d'amytié pourchassée Une pensée excellente et loyale ; Quand je dirois digne d'estre royale.
Par moy seroit à bon droict exaùlcée ;
Car de rithmer ma plume dispensée (Sans me louer) peult louer la pensée, Qui me survint dansant en une sale Un mardy gras.
C'est celle qu'ay d'alliance pressée Par ces attraicts; laquelle à voix baissée M'a dit : « Je suis ta pensée féale, Et toy la mienne, à mon gré, cordiale. » Nostre alliance ainsi fut commencée Un mardy gras. '