DE SA GRANDE AMYE
Dedans Paris, ville jolie, Un jour, passant mélancolie.
Je prins alliance nouvelle A la plus gaye damoyselle Qui soit d'icy en Italie.
D'honnesteté elle est saisie, Et croy (selon ma fantasie] Qu'il n'en est gueres de plus belle Dedans Paris.
Je ne la vous nommeray mye, Sinon que c'est ma grand'amye ; Car l'alliance se feit telle Par un doulx baiser que j'eus d'elle, Sans penser aucune infamie, Dedans Paris.
DB TROYS ALLIANGBS
Tant et plus mon cueur se contente D'alliances, car autre attente Ne me sçauroit mieulx assouvir, Veu que j'ay (pour honneur suyvirj Pensée, Grand' Amye, et Tante.
La Pensée est noble et prudente ; La Grand' Amye belle et gente ; La Tante en bonté veulx pleuvir Tant et plus.
Et ce rondeau je luy présente ; Mais pour conclusion décrite »
La première je veulx servir,
De Taulre l'amour desservir; Croire la tierce est mon entente Tant et plus.
AT^X DAMOYSBLLBS^ PARESSEUSES D^BSGRIRB A LBURS AUYS
Bon jour, et puis, quelles nouvelles?
N'en sçauroit on de vous avoir?
S'en bref ne m'en faictes sçavoir, J'en feray de toutes nouvelles.
Puis que vous estes si rebelles.
Bon vespre, bonne nuict, bon soir.
Bon jour.
Mais si vous cueillez des groyselles, Envoyez m'en ; car, pour tout voir, Je suis gros : mais c'est de vous veoir Quelque matin, mes damoy selles; Bon jour.
DE GELUY QUI NOUVELLEMENT A RBGEU LETTRES
DE S'aMYE
A mon désir, d'un fort singulier estre Nouveaux escriptz on m'a faict apparoistre Qui m'ont ravy, tant qu'il fault par eulx Aye liesse ou ennuy langoureux :
Pour l'un ou l'autre Amour si m'a faict naistre.
C'est par im cueur que du mien j'ay faict maistre, Voyant en luy toutes vertus accroistre, Et ne crains fors qu'il soit trop rigoureux A mon désir.
C'est une dame en faictz et dictz adextre^ C'est une dame ayant la sorte d'estre
Fort bien traictant un loyal amoureux.
Pleust or à Dieu que fusse assez heureux. Pour quelque jour Tesprouver et congnoistre A mon désir.