SUR CES MOTS
Chascun soit contant de ses biens :
Qui n*a suffisance n'a riens.
D'estre content sans vouloir davantage, C'est un trésor qu'on ne peut estimer ; Avoir beaucoup et tousjours plus aymer, On ne sçauroit trouver pire héritage.
Un usurier trouve cela servage ; Mais im franc cueur se doibt à ce sommer D'estre content.
Qui veult avoir de richesse bon gage, Sans en ennuy sa vie consumer, Pour en vertus se feire renommer, Tasche tousjours d'avoir cet advantage D'estre content.
A UN POUR AVOIR DB L'aRGBNT
£n beau papier je sçay tant bien signer, S'il vous plaisoit. Monseigneur, me finer Un cent d'escuz, par vostre gentillesse, J'aurois tantost contenté mon hostesse.
Et m'en irois soudain après disner.
Si vous voulez me faire consigner.
Ou bien le paye en un temps designer.
J'en suis content, pourveu que je la dresse En beau papier.
Ne cuydez pas que vous veuille affiner Ou cautement vostre argent rappiner*
Si respondant youlez qae vous adresse, Je le veux bien ; mais il n'est que promesse, Uuand on la sçait sagement assigner En beau papier.
VBaS AFFICHEZ A PABJS QUAND BBDA FUT FORBANNT, VOULANS BStfOUVOIR LB PBUPLB A SBDITION GONTRB LB ROT
Au feu, au feu cesie hérésie Qui Jour et nuyct trop nous blesse; Doys tu souffrir telle moleste Saincte Bseriture et ses edietz ?
Veulx tu bannir science parfaicle Pour soustenir Luthériens mauldictz ?
Crains tu Dieu^ qu'il le permette, Toy et tes biens qui sont fleuris Face périr 7
PariSy Paris, fleur de noblesse, Soustiens la loy de toy qu'on blesse.
Ou aultrement fouldre et tempeste.
Cherra sur toy, je t'en advertis.
Prions tous le Roy de gloire Qu'il confonde ces hérétiques mauldictz.
Afin qu'il n'en soit plus mémoire Non plus que des aux pourris.
Au feu, au feu, c'est le repaire ; Faictz en justice. Dieu l'a permys.
RBSPONSB DB CLBMBNT MAROT
En Teau, en Feau ces iblz séditieux, Lesquelz en lieu des divines paroles Preschent au peuple un tas de monopoles Four esmouvoir debatz contentieux.
Le Roy leur est un peu trop gratieux : Que n*a il mis à bas ces testes folles
En Teau.
Hz ayment tant les yins délicieux Qu'on peult nommer cabaretz leurs escoles : Mais refroidir fauldroit leurs chauldes colles Par le rebours de ce qu'ilz ayment mieulx,
En Peau.
DIXAIN SUR LB MBSME SUJBT
Au feu, en l'eau, en l'air ou en la terre Soient pris et mis ces fols prédicateurs Q^i vont preschant sédition et guerre Entre le peuple et les bons précepteurs. Ils ont esté trop long temps séducteurs. Et mis le monde en trouble et desarroy : Mais Dieu de grâce a voulu que le Roy Aye entendu leur sophistic parler.
Qui les fera punir selon la loy Au feu, en l'eau, en la terre ou en l'air.
LXXHI RONDEAU A NOSTRB DAMB
En temps obscur estoille refulgente, Raid de soleil, aulbe du jour flilgente, Port de salut, allectante pucelle, Roze vemant, de Dieu mère et ancelle, Royne des Anges, au pécheur indulgente, Tournez vos yeulx, maternelle régente.
Vers voz enfans ; aidez à qui régente Le parc de Dieu et sa sainte nacelle En temps obscur.
Contre le corps d'église diligente Grens sans raison de tout bien indigente Et contre vous a mise sa parcelle ;
4(18 BONDEAUX
Monstrez vous Mère , et que ayons paix par celle Qui a le pouvoir : la cause en est urgente En temps obscur.
SUR LA DBVISB DB HUOUBS SALBL VALBT DB CHAMBRB DU ROY FRANÇOIS I*** .
Honneur te guide et te met en haultesse. Pour ton grand sens et ta science acquise. Ce que tu as retenu pour devise Et justement à ce degré t'adresse.
Tu t'es conduict par trèsgrande sagesse ; Merveille n'est si donc en ceste guyse Honneur te guide.
Apollo faict aux siens ceste promesse, Quand à le suyvre ilz ont grand' peine prise ; Tu as prudence en son escole apprise; C'est ce qui faict que chez prince et princesse Honneur te guide.