‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 168 sur 188 · XV · texte numérisé non relu

XV

DE MARTIN

Gy gist Martin qui, pour saouler Alix Tant culeta qu'il en perdit la vie ; Car sans cesser, ou sus bancz, ou sus litz Elle voulut en passer son envie.

Il esgouta toute son eau de vie, Puis se voulut restaurer de coulitz ; Mais la vigueur des tourdions jolys Qu'avoit Alix inventez à son aise Ses roides nerfz rendit tant amollys, Qu'il fut martyr, dont toy, qui cecy lis, Va, si tu veulx que ton culeter plaise, Baiser sa tumbe au plus près de Senlis ; Alors pourras culeter plus que dix.

DE MARTIN

Cy gist après qui debout et assis

Avoit esté Martin de sens rassis.

Jadis faisant d'bonneur et gloire numbre,

Dont maintenant qu'en est il rien qu'une umbre?

Son bruict mourut quand Martin fut occis.

DU FRERE GORDÈLIER SBMYDIBUX *

Cy gist Cordelier Semydieux Dont nos dames fondent en larmes, Parce qu'il les confessoit mieulx Qu'Augustins, Jacobins ne Carmes.

i Les trois Épitaphea suivantes sont tirées d'é iitions autres que celle de 1544.

DB JÂ.NB BONTB

Cy gist le corps Jane Bonté bouté : 1 /esprit au ciel est par bonté monté.

DB LONOUBIL, HOMMB DOCTE

O viateur, cy dessoubz gist Longueil :

A quoy tient il que ne meines long dueil Ouand tu entens sa vie consommée ?

N'as tu encore entendu Renommée Par les climatz, qui son renom insigne Va publiant à voix, trompe et buccine?

Si as pour vray ; mais si grande est la gloire Qu'en as ouy, que tu ne le peulx croire.

Va lire donc (pour en estre asseuré) Ses beaulx escriptz de stile mesuré :

Lors seulement ne croiras son hault prix. Mais apprendras, tant sois tu bien appris. Si te sera son bruict tout véritable, Et la grandeur de ses faictz prouffîtable.

DB MAISTRB ANDRÉ LB VOUST, MBDBCIN DU DUC D'aLBNÇON

Yen alexandrins

Geluy qui prolongeoit la vie des humains A la sienne perdue, au dommaige de maints. Helas ! c'estoit le bon feu Maiôtre André le Voust,

> Los pièces I à XXVIII sont comprises dans l'édition do 1544.

Jadis Alençojinoys, ores pasture et goust De terrestre vermine, et ores revestu De cercueil et de tumbe, et jadis de vertu. Or est mort médecin du bon duc d'Alençon. A nature ainsi fault tous payer la rançon.

DB GâTHBRINB bu de

Mort à ravy Catherine Budé ; Cy gist le corps : helas ! qui Teust cuydé? Elle estoit jeune, en bon poinct, belle et blanche, Tout cela chet comme fleurs de la branche. N'y pensons plus. Voyre mais, du renom Qu'elle mérite, en diray je rien ? non : Car du mary les larmes, pour le moins. De sa bonté sont suffisans tesmoings.

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