‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 167 sur 188 · DE ORTIS, JLE MORE DU ROY · texte numérisé non relu

DE ORTIS, JLE MORE DU ROY

Soubz ceste tombe gist, et qui ?

Un qui chantoit Lacochiqui.

^J gist, que dure Mort piqua, Un qui chantoit Lacochiqua ; C'est Ortis, ô quelles douleurs!

Nous le vismes de trois couleurs Tout mort, il m'en souvient encore.

Premièrement, il estoit More, Puis en habit de cordelier Fut enterré soubz ce pilier :

Et avant qu'eust l'esprit rendu.

Tout son bien avoit despendu.

Par ainsi mourut le follastre Aussi blanc comme un sac de piastre.

Aussi gris qu'un fouyer cendreux, Et noir comme un beau diable ou deux<

4'«H EPITAPHBS

XHI

d'alix

Cy gist, qui est une grand' perte, En culelis la plus experte Qu'on sceut jamais trouver en France.

C'est Alix, qui dès son enfance.

Quand sa nourrice Tallectoit, Dedans le berceau culetoit ; Et de trois jusques à neuf ans.

Avec parsons, petis enfans, Alloist tousjours en quelque coin (^ulleter au grenier au foin ; Et à dix ans tant fut culée, Qu'en culant fut despucelée.

Depuis, grosse garse devint, Et lors culetoit plus que vingt ; En après devint toute femme, Et inventa laT bonne dame Mille tordions advenans Pour culeter à tous venans.

Vray est, quand plus n'eut dent en gueule, Qu'elle culeta toute seule.

Mais afQn que le monde vist Son grand sçavoir, elle escrivist Un beau livre de culetage, Pour ceulx qui estoient de grand' aage, Et un autre de culetis Pour ceulx qui côtoient plus petis.

Ces livres feit en s'esbalant, Et puis mourut en culetant ; Encor dit on par grand' merveille Que si on veult mettre l'oreille Contre sa tumbe, et s'arr ester, On ourra ses os culeter.

DE MARTIN

Cy gist, pour Alix contenter, Martin, qui souloit plus que dix

BPITAPHES 449

A la rengette culeter,

Par campagnes, boys et taillis.

Prie Dieu, toy qui cecy lys,

Mettre rame du trespassé

En quelque lieu bien loin d'Alix,

Affm qu'il repose in pace.

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