‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 27 sur 188 · SALUT · texte numérisé non relu

SALUT

Depuis peu de temps (Jamet à tout jamais louable) vou- Ifint mettre en lumière soubz mon impression toutes les •œuvres du tien et mien amy Clément Marot (des louenges duquel je ne tiendray icy plus long propos, car elles sont assez congneues par tous lieux), je me 'suis mis à veoir tout ce qui desja avoit esté imprimé de luy, et recueillir tout ce qui se pourreit recouvrer entre ceulx auxquels il iaict part (en tesmoignage d'amytié) de ses labeurs'Vt compositions. Entre autres choses j*ay trouvé son Enfer^non «ncores imprimé, si non en la ville d'Envers. Et pource qu*en lisant Tay trouvé sans scandale envers Dieu et la religion, et sans toucher aucunement la majesté des princes (qui sont les deux poincts que surtout doibt observer un auteur désirant ses œuvres estre publiées et reçues tant en «on pays qu*en nations estrangeres), et que pareillement il ne blesse en nom exprès Thonneur d*aucun, pour ces raisons j*ay conclud que la publication de si gentil œuvre estoit licite et permise, et me suis mis après pour Tim* primer en la plus belle forme et avec le plus grand ornement quMl m*a esté possible. Car tu ne sçaurois penser que je trouve cest ouvrage digne d'estre leu, tant pour Tinvention singulière que pour les descriptions merveilleuses qui y sont, pour les bons enseignemenâ aussi qui s*y trouvent, comme quand il admoneste les jeunes gens de se garder ■de vice, et de ne commettre crimes qui les puissent précipiter aux misères et calamitez de prison. Plusieurs autres enseignemens y a dignes d*estre leuz et releuz, non seulement des jeunes, mais bien aussi de toutes personnes de

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