‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 26 sur 188 · AU ROT · texte numérisé non relu

AU ROT

Que tu les as nourriz dès leur naissance.

Je ne quiers pas {ô bonté souveraine) Deux mille arpentz de pastiz en Touraine, De mille beufz errants par les herbis Des montz d'Auvergne, ou autant de brebis. Il me suffît que mon trouppeau préserves Des loups, des ours, des lyons, des loucerves, Et moy du froid, car Tyver qui s'appreste A commencé à neiger sur ma teste.

Lors à chanter plus seing ne me nuyra, Ains devant moy plus viste s'enfuyra Que devant luy ne vont fuyant les Muses, Quand il verra que de faveur tu m'uses.

Lors ma musette, à un chesne pendue.

Par moy sera promptement descendue, Et chanteray Ty ver à seureté Plus hault (et clair] que ne feiz onc Testé.

Lors en science, en musique et en son Un de mes vers vauldra une chanson.

Une chanson, une eglogue rustique.

Et une eglogue, une œuvre bucolique.

Que diray plus ? vienne ce qui pourra ; Plus tost le Rosne encontremont courra.

Plus tost seront haultes foretz sans branches, Les cygnes noirs et les corneilles blanches, Que je t'oublie (ô Pan de grand renom). Ne que je cesse à loue^ton hault nom.

Sus, mes brebis, trouppeau petit et maigre, Autour de moy saultez de cueur allaigre, Car desja Pan, de sa verte maison.

M'a faict ce bien d'ouyr mon oraison.

L'JENFER

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