‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 30 sur 188 · SUR LA NAISSANCE · texte numérisé non relu

SUR LA NAISSANCE

De la malice aujourd'huy manifeste,

Elle sera si foible et si esteinle,

Que plus de rien la terre n'aura craincte ^ ,

Puis, quand au ciel serez Dieux triumphans/

Ce nouveau né, heureux sus tous en&ns,

Gouvernera le moade ainsi prospère

Par les vertuz de Tun et Tautre père.

La terre donc, gracieux enfantin, Te produira serpolet et plantin, Treffle et serteuil sans culture venus Pour engraisser tous les trouppeaulx menuz r Les chèvres lors au logis reviendront Pleines de laict ; les brebis ne craindront Lyon ne loup ; Therbe qui venin porte Et la couleuvre aux champs demourra morte. Et Todorant amome d Assyrie Sera commun comme herbe de prairie.

Regarde, enfmt de céleste semence, Gonmie desja ce beau siècle commence :

Ja le laurier te prépare couronnes ; Ja le blanc lys dedans ton bers fleuronne. D'icy à peu, des hauts princes parfaits, Et du grand père aussi, les nobles faits Lire pourras, tandis que les louanges Du père tien par mations estranges Iront voilant, et deslors pourras tu Sçavoir combien vaut honneur et vertu.

En cestuy temps, stériles monts et plains Seront de bledz et de vignes tous pleins, Et verra Ton les chesnes plantureux Par les forests suer miel savoureux.

Ce neantmoins. des fraudes qui sont ores Quelque relique on pourra voir encores : La terre encor du soc on verra fendre, Villes et bourgz de murailles deffendre, Conduire en mer les navires volans, Et aura France encores des Rolandz.

Mais quand les ans t'auront fait homme fort. Plus ne sera de guerre aucun effort : Plus voile au vent ne fera la gallée Pour trafiquer dessus la mer sallée :

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