SERMON DU BON PASTEUR ET DU MAUVAIS
I^RIS ET EXTRAICT DU DIXIEME CHAPITRE DE S. lEMAN
Près de Paris vostre grande cité, Sire, je fus, le karesme, incité D'aller aux champs entendre le propos Du bon Pasteur, aimant Taise et repos De ses brebis, lequel paist mesmement Le sien bestail par bon nourrissement.
Lors un j'en vei, sur un tertre monté, Que Charitable Amour avait dompté, Songneusement gardant son petit nombre.
Qui là estoit tappi à terre en Tombre, Et le paissoit de TEscriture Sainte, Disant ainsi par parole non fainte :
« Petit troupeau, vous n'avez donc plus cure D'estre repeu de Thumaine pasture, Ayant ouy la joyeuse nouvelle De ce pain vif qui rend Famé immortelle. Du haut du ciel icy bas descendu.
Pour estre à tous les humains espandu, Qui vous a faict ce haut bien et cest heur D'ouïr la voix de vostre bon Pasteur, Qui est entré dedans la Bergerie Pour le salut de la brebis perie, La restaurant de si doux pasturage, Que d'un mauvais il fait un bon courage.
C'est luy qui est vérité, vie, et voye Où nul vivant ne s'esgare ou fourvoyé.
C'est la clarté qui le monde illumine, Que nulle nuictne ténèbre extermine.
C'est luy qui est l'eau vive et souveraine Qui dans le cueur faict sourdre une fontaine