A SON AMY ANTOINE GOUILLART
SBIGNBUR DU PAVILLON LBZ LORRIS BN GASTINOYS
O mon amy Antoine, N'est jour que me souvienne Du souverain recueil Que tu feiz à Clément ; Mais se réjouissant Tost commença son dueil.
Car lors que je te vei.
Repassant à Lorri, Venant de Vau Luisant,
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M'en retournai à Blois, Où je fu des jours trois Aux dames devisant.
Là vint un postillon, Qui m'apportoit Guillon, Me suivant à la trace, A la seule parole D'une femme trop folle Maudite soit sa race.
De cela adverti, Soudain de là parti , Car j'avoi fait serment Ne retourner en Court, Ce n'estoit mon plus court De le faire autrement.
Je passay donc Tharare, Pour venir à Ferrare Trouver la sœur du Roy.
La divine princesse M'a faict bonne caresse ; 0 que fusse avec moi I
Si tu vas à la Court, Escri le moy tout court, Ensemble des nouvelles :
J'y fi peu de séjour.
Mais j'en sçeu pour un jour Qui n'estoient gueres belles.
La Royne de Navarre Me donna le bon arrhe Qu'en passant tu me vei , Pour me faire monter Et soudain devaller Les monts jusques icy.
La bénigne Princesse, Excellente déesse, De toutes le mirouer, Print mon fils pour son page ; C'estoit le meilleur gage, Qu'eusse peu luy trouver.
O que sa fille unique Donne à la republique
Un merveilleux espoir, Plein de divinité En sa virginité, Que désire reveoir.
Ce fils, pour sa jeunesse, A sa grande hautesse J'ay bien recommandé :
S'il fait ce qu'il propose, Et que Dieu le (Ëspose, Il en sera aydé.
Or puis que le cognois, Je te pri, si le vois, Luy donner ce motet De poursuivre la veine Du père à toute peine.
Et qu'il ne soit muet.
Fay de moy mention, Recommandation, A ce bon gros Tartas ; De peur de se blesser Ou bien de s'offenser Qu'il marche petit pas.
Si j'avois du papier De rames un milier.
Et qu'il ne fust trop tard, Gomme à mon amy seur T'escrirois de bon cœur.
Adieu donc, mon Gouillart.