‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 121 sur 234 · A UN CREANCIER · texte numérisé non relu

A UN CREANCIER

Un bien petit de près me venez prendre Pour vous payer ; et si debvez entendre Que jen'euz onc Angloys de vostre taille ; Car à tous coups vous criez : baille, baille. Et n'ay de quoy contre vous me deffendre.

Sur moy ne fault telle ricrueur estendre ; Car de pecune un peu ma boui-se est tendre, Et toutesfoys j'en ay, vaille que vaille. Un bien petit.

Mais à vous veoir (ou l'on me puisse pendre) Il semble advis qu'on ne vous vueille rendre Ce qu'on vous doibt ; beau sire, ne vous chaille : Quand je seray plus garny de cliquaille Vous en aurez; mais il vous fault attendre Un bien petit.

Page 1