DU DISCIPLE SOUSTENANT SON MAISTRE
Du premier coup entendez ma responce, Folz détracteurs : Mon maistre vous annonce Par moy, qui suis l'un de ses clers nouveaulx, Que pour rithmer ne vous crains deux naveaulx ; Et eussiez vous de sens encor une once*
Si l'espargnez, tous deux je vous renonce; Piquez le donc mieulx que Tespinc ou ronce, Luy envoyant des meilleui^s et plus beaulx Du premier coup.
Et tenez bon, ensuy vant sa semonce ; Car si un coup ses deux sourcilz il fronce, Et eussiez vous, de rithmes et rondeaulx Plein trois barrilz, voyre quatre tonneaulx, Je veulx mourir s'il ne les vous deffonce Du premier coup.
d'un qui incite une jeune dame a faire amy
A mon plaisir vous faictes feu et basme, Parquoy souvent je m'estonne, ma dame, Que vous n'avez quelque amy par amours. Au diable l'un qui fera ses clamours Pour vous prier quand serez vieille lame.
Or, en effect, je vous jure mon ame Que si j'estois jeune et gaillarde femme, J'en aurois un devant qu'il fut trois jours A mon plaisir.
Etpourquoy non? Ce seroit grand diffame Si vous perdiez jeunesse, bruyt et famé Sans esbranler drap, satin et velours.
Pardonnez moy si mes motz sont trop lourdz; Je ne vous veulx qu'api'endre vostre game A mon plaisir.
DE l'amoureux ardant
Au feu qui mou cueur a clioisy, Jectez y, ma seule Déesse,
De l'eau de grâce et de liesse, Car il est consommé quasy.
Amour Ta de si près sasiy, Que force est qu'il crie sans cesse Au feu.
Si par vous en est dessaisy, Amour luy doint plus grand' destresse Si jamais sert autre maistresse :
Doncques, ma dame, courez y Au feu.
A UNE MEDISANTE
On le m'a dict, dague à rouelle, Que de moy en mal vous parlez ; Le vin que si bien avaliez Vous le mect il en la cervelle?
Vous estes rapporte nouvelle, D'autre chose ne vous meslez, On le m'a dict.
Mais si plus vous advient, meselle, Vos reins en seront bien gallez ; Allez, de par le diable, allez, Vous n'estes qu'une macquerelle, On le m'a dict.