‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 148 sur 234 · AMOUR ET FOY · texte numérisé non relu

AMOUR ET FOY

Amour et Foy sont bien appariez, Voyre trop mieulx ensemble mariez

Que les humains qu'en ce monde on marie ; Car jamais Foy de l'Amour ne varie, Et vous humains, bien souvent variez.

Dames de cueur, icy estudiez :

Ces deux beaulx dons Dieu vous a dédiez, Et sont séans en liaulte seigneurie, Amour et Foy.

Tant sont uniz, tant sont bien alliez.

Qu'oubliant l'un, l'autre vous oubliez : Si l'amour lault, la Foy n'est plus chérie ; Si Foy périt, l'Amour s'en va perie; Pour ce les ay en devise liez, Amour et Foy.

DE l'amour du SIECLE ANTIQUE

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Au bon vieulx temps un train d'amour regnoit Qui sans grand art et dons se demenoit. Si qu'un bouquet donné d'amour prolbnde, G'esloit donné toute la terre ronde, Car seulement au cueur on se prenoit.

Et si par cas à jouyr on venoit, Sçavez-vous bien comme on s'entretenoit ? Vingt ans, trente ans : cela duroit un monde Au bon vieulx temps.

Or est perdu ce qu'amour ordonnoit :

Rien que pleurs fainctz, rien que changes on n'oyt : Qui vouldra donc qu'à aymer je me fonde. Il fault premier que l'amour on refonde, Et qu'on la meine ainsi qu'on la menoit Au bon vieulx temps.

RONDEAUX 39o

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