‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 157 sur 234 · SI'R LA DEVISE DE HUGUES SALEL VALET DE CHAMBRE DU ROY FRANÇOIS P · texte numérisé non relu

SI'R LA DEVISE DE HUGUES SALEL VALET DE CHAMBRE DU ROY FRANÇOIS P

Honneur te guide et te met en haultesse, Pour ton grand sens et ta science acquise, Ce que tu as retenu pour devise Et justement à ce degré t'adresse.

Tu t'es conduict par trèsgrande sagesse ; Merveille n'est si donc en ceste guyse Honneur te guide.

Apollo faict aux siens ceste promesse, Quand à le suyvre ilz ont grand' peine prise; Tu as prudence en son escole apprise; C'est ce qui faict que chez prince et princesse Honneur te cuide.

Juges, prevostz, bourgeois, marchans, commun, Nobles, vilains, et vous seigneurs d'Eglise, Amendez-vous ; sinon je vous advise Que ne verrez l'an cinq cens quarante un.

Lassus aux cieulx il est bruyt que chascun Offense Dieu, qui n'est pas bonne guise, Juges, prevostz.

Persévérer en son mal c'est esgrun ; Le monde faict de pecbé marchandise ; Bref, il fauldra que chascun se réduise Ou des trois parlz n'en demourra nesun Juges, prevostz.

A GEOFFROY BHULAKT (1526)

Nostre ^iflaistre Geofîi'oy Brulurt, Qui seavez la science et Tart De guérir les gens de tous maulx, Icy c'est Tun de vos féaulx Qui de colique brusle et ard.

Je ne mange poisson ne lard, Non que craigne le papelart, Mais mon mal me faict trop d'assaulx, Noslre maistre.

Venez y donc plus tost que tard.

Et n'oubliez pas le broillart De vos receptes à monceaulx, Et payé serez en royaulx, Car vous estes sage vieillart, Xostre maistre.

RONDEAU Sur : Jupiter ex alto pcrjuvia r'idel amnntum.

O bon Jésus, de Dieu éternel fdz, Qui avec luy les cieulx et monde feis. Las! prens pitié de moy, ta créature; J'ay contre toy tant faict de foriaicture. Que tous mes sens en sont de dueil confitz.

En une croix tout ton corps fut affix, Où par ta mort les enfers tu deffitz.

Non pour moy seul, mais pour toute nature, O bon Jésus.

En ceste croix où tu fus crucifix.

De Paradis le chemin tu reftis,

Et d'iceluy feis à tous ouverture.

De tous délie tz tu as la couverture ; Couvre les miens, et ce qu'oncques meffeis, 0 bon Jésus.

O quelle erreur par finis esperilz Vouloir finir l'infini sans nul pris, Par raison morte et mondaine apparence Voulant comprendre en débile science Une bonté qui tous nous a compris !

Gréé nous a en ce mondain pourpris, Et racheté quand nous eusmes mespris.

Et nous doubtons quelle est sa puissance 1 O quelle erreur !

Par Testament sa loy nous a appris :

Amour donné pour acquérir le pris D'heureux labeur, par foy et espérance ; Allons à luy, en nous n'ayons fiance : Oui ne le faict en enfer est repris.

0 quelle erreur!

RONDEAU DU GUAV

Oyez le guay, petit mignon, Monsieur, Madame Pimpelottc.

Avec le clerc à la pellette.

Non faict, si faict, par Santrignon.

Villain, vous trenchez de l'oignon, Et ne valez pas eschalotte :

Oyez le guay, etc.

Gros coquin, oste le tignon.

Si veulx avoir la bachelotte:

IinNTiKATX" 'j(l;i

Drinc, drinct a mis en esolirc riiostc. M'amye, levez le groignon, Oyez le guay, etc.

RONDEAU DES BARBIERS (loio)

Povres Barbiers, bien estes morfonduz, De veoir ainsi gentilz hommes tonduz Et porter barbe ; or advisez comment Vous gaignerez, car, tout premièrement, Tondre et peigner ce sont cas defenduz.

De testonner on n'en parlera plus ; Gardez cizeaux et rasouers esmouluz, Car désormais vous fault vivre autrement, Povres Barbiers.

J'en ai pitié ; car plus comtes ne ducz Ne peignerez, mais comme gens-perduz Vous en irez besongner cliauldement En quelque estuve, et là gaillardement Tondre maujoinct ou raser Priapus, Povres Barbiers.

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