CHANSON XXXIX
(irr28)
Si j'avois tel crédit, Et d'amour recompense, Comme l'envieux pense Et comme il vous a dict, Menteur ne seroit dict, Ne vous froide amoureuse, Et moy, povre interdict, Serois personne heureuse.
Quand viens à remirer Si belle jouyssance, Il n'est en ma puissance De ne la désirer; Et pour y aspirer.
N'en doy perdre louange Ne d'honneur empirer :
Suis je de fer, ou ange?
Qu'est besoing de mentir?
J'ose encores vous dire, Que plus fort vous désire Quand veulx m'en repentir, Et pour anéantir Ce désir qui tant dure, Il vous fauldroit sentir La peine que j'endure.
liJl CHANSONS
Vostre doulx entrelien.
Vostre belle jeunesse, Vostre bonté expresse M'ont faict vostre, et m'y lion :
Vray est que je voy bien Vostre amour endormye, Mais langueur ce m'est bien Pour vous, ma chère amyc.
Ne sçay combien la haine est dure, Et n'ay désir de le sçavoir ; Mais je scay qu'amour, qui peu dure.
Faict un grand tourment recevoir.
Amour autre nom deust avoir :
Nommer le i'ault fleur ou verdure Qui peu de temps se laisse veoir.
Nommez le donc fleur ou verdure Au cueur de mon léger amant :
Mais en mon cueur qui trop endure, Nommez le roc ou dyamant :
Car je vy tousjours en aymant.
En aymant celuy qui procure Que Mort ne voyse consommant.
CHANSON XLl
(".OÈiiposi'u par licniel.
Qui la foiddra souhaite que je meure:
Puis, s'il coHffiioisl son grand dueil appoisé La serve lien; mais il est malaisé, Mort son amy, qiCelle rive demeure.