‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 209 sur 234 · DE MAISTRE GUILLAUME CRETIN. POETE FRANÇOYS · texte numérisé non relu

DE MAISTRE GUILLAUME CRETIN. POETE FRANÇOYS

Seigneurs passans, comment pourrez vous croire De ce tumbeau la grand'pompe et la gloire? Il n'est ne painct ne poly ne doré, Et si se dit haultement honoré, Tant seulement pour estre couverture D'un corps humain cy mys en sépulture : C'est de Crétin, Crétin qui tant sçavoit.

Regardez donc si ce tombeau avoit De ce Crétin les faictz laborieux, Comme il devroit estre bien glorieux, Veu qu'il prend gloire au povre corps tout mort, Lequel par tout vermine mine et mord.

0 dur tumbeau, de ce que tu en coeuvres Contente toi ; avoir n'en peulx les œuvres : Chose éternelle en mort jamais ne tombe. Et qui ne meurt n'a que faire de tumbe.

DE LOYS JAGOYNEAU

Cy gist Loys, Jagoyneau surnommé ; Trésorier fat en charges renommé, Et de pecune onc ne thésaurisa, Ains de vertu, que plus qu'argent prisa.

Je ne sçay pas de quel" race estoit il ; Mais je sçay bien que son cueur fut gentil, Hardy, courtois, de trèsnoble nature.

Et trop plus grand que du corps la stature. 11 est certain que Chasteaudun, son estre, Soubz libéral' planette le feit naistre. Receveur fut de Soissons; et de faict,

'joS CIMETIERE

France le feit, Fltale Fa deffaict,

Italiens en ont le corps icy,

Et les Françoys le dueil et le soucy,

Avec lequel dessus luy ont posé

Ce dur tombeau de leurs pleurs arrosé.

Or de l'avoir si tost mort estendu, Mort le trompa; car, tout bien entendu. Son vif esprit à grans biens pretendoit. Monté soit il plus liault qu'il ne tendoit.

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