A DEUX DAMOYSELLES
SUSCRIPTION
Sus, lettre, il faut que tu desloges Par toy saluer je prêtons La nouvelle espouse Bazoges, Aussi Trezay, qui perd son temps.
Mes damoyselles Bonnes et belles, Je vous envoyé Mon feu de joye ; Si j'avois mieulx.
Devant vos yeulx Il seroit mys.
A ses amys i Bien, tant soit cher, Ne fault cacher.
Or est besoing, Ouand on est loing, De s'entr'escrire ; Gela faict rire Et chasse esmoy.
Escrivez mov
Donc, je vous prie ; Car Fenfant crie Quand on luy fault.
S'il ne le vault, Il le vauldra, Et ne fauldra D'estre à jamais Tout vostre: mais Dieu sçait combien Il vouldroit bien Vous supplier Ne Toublier.
Ailleurs ne là Rien que cela Il ne demande.
Me recommande.
A CEULX QUI, APRÏîS l'ePIGRAMME DU BEAU TETIX EN FEIREXT d'aUTRES
Nobles espritz de France poétiques, Nouveaulx Phebus surpassans les antiques, Oraces vous rends dont avez imité,
Les Épîtres XLI à LUI furent ajoutées en ioii.
Non un tetin beau par extrémité, Mais un blason que je feis de bon zelle Sur le tetin d'une humble damoyselle.
En me suyvant vous avez blasonné Dontliaultement je me sens guerdonné, L'un, de sa part, la chevelure blonde ; L'autre le cueur, l'autre la cuisse ronde ; L'autre la main descripte proprement ; L'autre un bel œil deschilTré doctement ; L'autre un esprit cherchant les cieulx ouvers ; L'autre la bouche, où sont plusieurs beaulx vers; L'autre une larme, et l'autre a faict l'oreille : L'autre un sourcil de beauté nompareille.
C'est tout cela qu'en ay peu recouvrer. Et si bien tous y avez sceu ouvrer, Qu'il n'y a cil qui pour vray ne deserve Un prix à part de la main de Minerve : Mais du sourcil la beauté bien chantée A tellement nostre Court contentée, Qu'à son autheur nostre princesse donne Pour ceste foys de laurier la couronne, Et m'y consens, qui point ne le congnois, Fors qu'on m'a dict que c'est un Lyonnoys.
0 Sainct Gelais, créature gentile, Dont le sçavoir, dont l'esprit, dont le stile, Et dont le tout rend la France honorée, A quoy tient il que ta plume dorée N'a faict le sien? Ce mauvais vent qui court T'auroit il bien poulsé hors de la Court? 0 Roy Françoys, tant qu'il te plaira pers le. Mais, si le pers, tu perdras une perle. Sans les susdictz blasonneurs blasonner.
Que l'Orient ne te sçauroit donner.
Or, chers amys. par manière de rire Il m'est venu voulunté de descrire A contrepoil un tetin, que j'envoye Vers vous, aftîn que suyviez cesle voye. Je l'eusse painct plus laid cinquante foys, Si j'eusse peu; tel qu'il est, toutesfoys, Protester veulx, afiin d'éviter noyse.
Que ce n'est point un tetin de Françoyse,
Et que voulu n'ay la bride lascher
A mes propos pour les dames fascher,
Mais vokiutiers (|ue l'esprit exercile,
Ores le blanc, ores le noir recite :
Et est le paiuctre indigne de louenge
Qui ne sçait paindre aussi bien dial)le qu'ange.
Après la course il fault tirer la barre;
Après bémol fault chanter en bécarre;
Là donc, amys : celles qu'avez louées Mieulx qu'on a dict de beauté sont douées ; Parquoy n'entens que vous vous desdiez Des beaulx blasons à elles dédiez, Ains que cliascun le rebours chanter viieille. Pour leur donner encores plus grand' l'ueille: Car vous sçavez qu'à gorge blanche et grasse Le cordon noir n'a point maulvaise grâce.
Là donc, là donc, poulsez, faicles merveilles : A beaulx cheveulx et à belles oreilles! Faictes les moy les plus laidz que l'on puisse ; Pochez cest ceil, fessez moy ceste cuy^se; Descrivez moy en style espoventable Un sourcil gris, une main détestable.
Sus, à ce cueur, qu'il me soit pelaudé Mieulx que ne fut le premier coUaudé : A cesle larme, et pour bien estre escriple, DeschilTrez moy celle d'un hipocrite.
Quant à l'esprit, paingnez moy une souche, Et d'un taureau le raulle. pour la bouche ; Brief, faictes les si horribles à veoir. Que le grand diable en puisse horreur avoir.
Mais, je vous pry, que chascun bla-onneur Vueille garder en ses escriplz honneur; Arrière motz qui sonnent sallement.
Parlons aussi des membres seulement Que l'on peult veoir sans honte descouvers, Et des honteux ne souillons point noz vers : Car quel besoing est il mettre en lumière Ce qu'est nature à cacher couslumiere ?
Ainsi ferez pour à tous agréer, Et pour le Roy mesmement recréer.
Au soing qu'il a de guerre ja tyssue,
Dont Dieu luy doint victorieuse yssue.
Et pour le prix, qui mieulx faire sçaura De verd lyerre une couronne aura, Et un dixain de Muse Maroline, Oui chantera sa iouenee condigne.
AU ROY, DU TEMPS DE SON EXIL A FERRARE (Io3oj
Je pense bien que ta magnificence, Souverain Roy, croyra que mon absence Vient par sentir la coulpe qui me poincl D'aucun mesfaict, mais ce n'est pas le poincl.
Je ne me sens du numbre des coulpables; Mais je sçais tant de juges corrumpables Dedans Paris, que, par pecune prinse, Ou par amys, ou par leur enlreprinse, Ou en faveur et charité piteuse De quelque belle humble solliciteuse, Ilz saulveront la vie orde et immunde Du plus meschanl et criminel du monde; El au rebours, par faulte de pecune, Ou de support, ou par quelque rancune, Aux innocealz ilz sont tant inhumains.
Que content suis ne tomber en leurs mains. Non pas que tous je les mette en un compte; Mais la grand' pari la meilleure surmonte. Et tel mérite y eslre aulhorisé Dont le cojiseil n'est ouy ne prisé.
Suyvant propos, trop me sont ennemys Pour leur Enfer, que par escript j'ay mis, Où quelque peu de leurs tours je descœuvre. Là me veult on grand mal pour petit œuvre, Mais je leur suis encor plus odieux Dont je Tosay lire devant les yeulx Tant clair voyants de ta Majesté liaulte. Qui a pouvoir de reformer leur faulte.
Bref, par etTect, voire par foys diverses,
Ont declairé leurs voluntez perverses Encontre moy : mesmes un jour ilz vindrent A moy malade, et prisonnier me tindrent, Faisant arrest sus un homme arresté Au lict de mort, et m'eussent pis traicté, Si ce ne fust ta grand' bonté, qui à ce Donna bon ordre avant que t'en priasse, Leur commandant de laisser choses telles, Dont je te rends grâces trèsimmortelles.
Autant comme eulx, sans cause qui soit bonne, Me veult de mal l'ignorante Sorbonne :
Bien ignorante elle est d'estre ennemye De la trilingue et noble académie Qu'as érigée. Il est tout manifeste, Que là dedans contre ton vueil céleste Est deffendu qu'on ne voyse allegant Hebrieu ny Grec, ny Latin élégant.
Disant que c'est langage d'heretiques.
0 povres gens, de sçavoir tous éthiques, Bien faictes vray ce proverbe courant : « Science n'a hayneux que l'ignorant. »
Certes, ô Roy, si le profond des cueurs On veult sonder de ces sorboniqueurs, Trouvé sera que de toy ilz se deulent. Comment, douloir ! Mais que grand mal te veulent Dont tu as faict les lettres et les arts Plus reluysans que du temps des Césars ; Car leurs abus veoit on en façon telle. C'est toy qui as allumé la chandelle Par qui maint œil voit mainte vérité Qui soubz espesse et noire obscurité A faict tant d'ans icy bas demourance ; Et qu'est il rien plus obscur qu'ignorance?
Eulx et leur court, en absence et en face. Par plusieurs foys m'ont usé de menace, Dont la plus douce estoit en criminel M'executer. Que pleust à l'Eternel, Pour le grand bien du peuple désolé, Que leur désir de mon sang fust saoulé. Et tant d'abuz dont ilz se sont munis Fussent à clair descouvers et punis!
Ut2 E P I s T R E s
() quatre foys et cinq fois bien heureuse La mort, tant soit cruelle et rigoureuse, Qui feroit seule un million de vies Soubz telz abus n'estre plus asservies !
Or à ce coup il est bien évident Que dessus moy ont une vieille dent, Quand, ne povans crime sur moy prouver, Ont trèsbien quis, et trèsbien sceu trouver, Pour me fascher, briefve expédition.
En te donnant maulvaise impression De moy, ton serf, pour après à leur ayse Mieulx mettre à fin leur volunlé maulvaise ; Et pour ce faire ilz n'ont certes heu honte Faire courir de moy vers toy maint compte, Avecques bruict plein de propos menteurs, Desquelz ilz sont les premiers inventeurs. De Lutlieriste ilz m'ont donné le nom.
Qu'à droict ce soit, je leur responds que non. Luther pour moy des cieulx n'est descendu, Luther en croix n'a point esté pendu Pour mes péchez ;■ et, tout bien advisé. Au nom de luy ne suis point baptizé : Baptizé suis au nom qui tant bien sonne Qu'au son de luy le Père éternel donne Ge que l'on quiert : le seul nom soubs les cieulx En et par qui ce monde vicieux Peult estre sauf; le nom tant fort puissant Qu'il a rendu tout genouil fleschissant, Soit infernal, soit céleste ou humain; Le nom par qui du seigneur Dieu la main M'a préservé de ces grans loups rabis, Qui m'espioient dessoubs peaulx de brebis.
0 seigneur Dieu, permectez moy de croire Que réservé m'avez à vostre gloire.
Serpens tortus et monstres contrefaicts, Certes, sont bien à vostre gloire faits. Puis que n'avez voulu donc condescendre Que ma chair vile ayt esté mise en cendre, Faictes au moins, tant que seray vivant. Que vostre honneur soit ma plume escrivant; Et si ce corps avez prédestiné
A eslre un jour par flamme terminé, Que ce ne soit au moins pour cause iblle, Ainçoys pour vous et pour voslre parolle; Et vous supply, père, que le tourment Ne luy soit pas donné si vebement Que l'ame vienne à mettre en oubliance Vous, en qui seul gist toute sa tiance; Si que je puisse avant que d'assoupir Vous invocquer jusque au dernier souspir.
Que dy je? Où suis je? 0 noble roy Françoys, Pardoniie moy, car ailleurs je pensois.
Pour revenir doncques à mon propos, Rhadamanthus avecques ses supposlz Dedans Paris, combien que fusse à Bloys, Encontre moy faict ses premiers exploicts En saysissant de ses mains violentes Toutes mes grans richesses excellentes Et beaulx trésors d'avarice délivres.
C'est asçavoir, mes papiers et mes livres Et mes labeurs. 0 juge sacrilège, Qui l'adonné ne loy ne privilège D'aller toucher et faire tes massacres Au cabinet des sainctes Muses sacres?
Bien est il vray que livres de deffense On y trouva : mais cela n'est offense A un poète, à qui on doit lascher La bride longue, et rien ne luy cacher. Soit d'art magicq', necromance ou caballe ; Et n'est doctrine escripte ne verballe Qu'un vray poète au chef ne deust avoir. Pour faire bien d'escrire son devoir.
Sçavoir le mal est souvent prouffilable, Mais en user est tousjours evitable.
Et d'autre part, que me nuist de tout lire? Le grand donneur m'a donné sens d'eslire En ces livretz tout cela qui accorde Aux sainctz escriptz de grâce et de concorde. Et de jecter tout cela qui diffère Du sacré sens, quand près on le confère; Car TEscripture est la touche où l'on trouve Le plus hault or. Et qui veult faire espreuve
D'or quel qu'il soit, il le convient toucher A ceste pierre, et bien près rapprocher De Tor exquis, qui tant sefaict paroistre, Que, bas ou hault, tout autre faict congnoistre.
Le juge donc affecté se monstra En mon endroict, quand des premiers oultra Moy qui estois absent et loing des villes Où certains folz feirent choses trop viles El de scandale, hélas! au grand ennuy.
Au détriment et à la mort d'autruy.
Ce que scachant, pour me justifier, A la bonté je m'osay tant ûer Que hors de Bloys party pour à toy, Syre, Me présenter. Mais quelc'un me vint dire : « Si tu y vas, am^'. tu n'es pas sage ; Car tu pourrois avoir maulvais visage De ton seigneur. » Lors, comme le nocher Qui pour fuyr le péril d'un rocher En pleine mer se destourne tout court, Ainsi, pour vray, m'escartay de la Court, Craignant trouver le péril de durté Où je n'euz onc fors doulceur et seurté:
Puis je sçavois, sans que de faict l'apprinse, Qu'à un subject l'œil obscur de son prince Est bien la chose en la terre habitable La plus à craindre et la moins souhaitable.
Si m'en allay, évitant ce danger.
Non en pays, non à prince estranger, Non point usant de fugitif destour, Mais pour servir l'autre Roy à mon tour. Mon second maislre, et ta sœur son espouse, A qui je fuz, des ans a quatre et douze. De ta main noble heureusement donné.
Puis tosl après, royal chef couronné, Scachant plusieurs de vie trop meilleure Que je ne suis estre bruslez à l'heure Si durement que mainte nation En est tombée en admiration, J'abandonnay, sans avoir commis crime, L'ingrate France, ingrate, ingratissime A son poêle, et en la délaissant,
EPISTRES 19o
lV»rt grand regret ne vint mon cueur blessant. Tu ments, Marot : grand regret tu sentis, Quand tu pensas à tes enlans petis.
En fin passay les grans froides montaignes, Et vins entrer aux Lombardes campaignes : Puis en l'Itale, où Dieu qui me guydoit Dressa mes pas au lieu où residoit De ton clair sang une princesse humaine, Ta belle sœur et cousine germaine.
Fille du roy tant crainct et renommé, Père du peuple aux chroniques nommé.
En sa duché de Ferrare venu, M'a retiré de grâce, et retenu.
Pource que bien luy plaist mon escriplure, Et pour autant que suis ta nourriture.
Pourquoy, ô Syre, estant avecques elle, Conclure puis d'un franc cueur et vray zelle Qu'à moy ton serf ne peult estrc donné Reproche aucun que t"aye abandonné, En protestant, si je perds ton service. Qu'il vient plus tost de malheur que de vice.
A MONSEIGNEUR LE DAUI.PHIN, DU TEMPS DE SON DICr EXIL
En mon vivant, n'après ma mort avec, Prince royal, je ne tournay le bec Pour vous prier : or devinez qui est ce Qui maintenant en prend la hardiesse ?
Marot banny : Marot mis en requoy.
C'est luy sans autre ; et sçavez vous pourquoy Ce qu'il demande il a voulu escrire?
C'est pour autant qu'il ne l'ose aller dire. Voyla le poinct, il ne fault pas mentir. Que l'air de France il n'ose aller sentir : Mais s'il avoit sa demande impetrée Jambes ne teste il n'a si empestrée Qu'il ny voilât. Eu vous parlant ainsi.
196 EPISTHES
Plusieurs diront que je m'ennuye icy,
Et pensera quelque catîart pelle
Que je demande à estre rappelle :
Mais (Monseigneur) ce que demander j'ose
De quatre pars n'est pas si grande chose.
Ce que je quiers et que de vous espère,
C'est qu'il vous plaise au Roy vostre cher père
Parler pour moy, si bien qu'il soit induict
A me donner le petit saufconduict
De demy an, que la bride me lasche.
Ou de six moys, si demy an luy fasche ;
Non pour aller visiter mes chasteaulx,
Mais bien pour veoir mes petits Marotteaux,
El donner ordre à un fais qui me poyse ;
Aussi aflîn que dire adieu je voyse
A mes amj's et compaignons vieux :
Car vous sçavez, si fais je encores mieulx,
Que la poursuyte et fureur de l'affaire
Ne me donna jamais temps de ce faire.
Aussi affin qu'encor un coup j'accoUe
La court du Roy, ma maistresse d'escolle.
Si je voy là, mille bonnetz osiez,
Mille bons jours viendront de tous costez;
Tant de Dieu gards, tant qui m'embrasseront,
Tant de salutz qui d'or point ne seront.
Puis ce dira quelque langue friande :
« Et puis, Marot, est ce une grand' viande, ^
Qu'estre de France estrangé et banny?
— Par Dieu, Monsieur, ce diray je, nenny. »
Lors que de chère et grandes accolées
Prendray les bons, laisseray les voilées.
«Adieu, Messieurs. — Adieu donc, mon mignon. »
Et cela faict, verrez le compaignon
Tost desloger : car mon terme sailly.
Je ne craindrois sinon d'estre assailly
Et empaulmé. Mais si le Roy vouloit
Me retirer, ainsi comme il souloit,
Je ne dy pas qu'en gré je ne le prinsse,
Car un vassal est subject à son prince.
Il le feroit s'il sçavoit bien comment
Depuis un peu je parle sobrement :
Car ces Lombars avec qui je chemine M'ont fort appris à faire bonne mine ; A un mol seul de Dieu ne deviser, A parler peu, et à poltronniser.
Dessus un mot une heure je m'arreste.
L'on parle à moy : je responds de la teste. Mais, je vous pry, mon saufconduict ayons. Et de cela plus ne nous esmayons ; Assez avons espace d'en parler Si une foys vers vous je puis aller.
Conclusion, royalle genilure, Ce que je quiers n'est rien qu'une escripture Que chascun jour on baille aux ennemys ; On le peult bien octroyer aux amys. Et ne fault ja qu'on ferme la campaigne Plus tost à moy qu'à quelque Jean d'Espaigne : Car, quoy que né de Paris je ne sois, Point je ne laisse à estre bon Francoys ; Et si de moy comme espère Ton pense, J'ay entreprins. pour faire recompense.
Un œuvre exquis, si ma Muse s'enflamme. Qui maulgré temps, maulgré fer, maulgré flamme, Et maulgré mort, fera vivre sans fin, Le roy Francoys et son noble Daulpliin.
DU COQ A L'aSNE. a LYON JAMET (1533)
Puis que respondre ne me veulx Je ne te prendray aux cheveulx, Lyon : mais, sans plus te sernondre, Moymesme je me veulx respondre, Et seray le prebstre Martin.
Ce Grec, cest Hébreu, ce Latin, Ont descouvert le pot aux roses :
Mon Dieu, que nous verrons de choses, Si nous vivons l'aage d'un veau!
Et puis, que dict on de nouveau?
Quand part le Roy ? aurons nous guer O la belle pièce de terre !
Il la fault joindre avec la mienne.
Mais pourtant la Bohémienne Porte toujours un chapperon.
Ne donnez jamais Fesperon A cheval qui voluntiers trotte.
D'où vient cela que je me frotte Aux coursiers, et suis toujours rat?
Hz escument comme un verrat En pleine chaire, ces cagots, Et ne preschent que des fagotz Contre ces povres hérétiques.
Non pas que j'oste les practiques Des vieilles qui ont si bon cueur :
Car, comme dit le grand mocqueur, Elles tiennent bien leur partie.
C'est une dure départie, D'une teste et d'un eschafault.
Et grand' pitié quand beauté fault A cul de bonne voulunté.
Puis vous sçavez, Pater sancte.
Que vostre grand povoir s'efface :
Mais que voulez vous que j'y face ?
Mes financiers sont tous péris, Et n'est bourreau que de Paris, Ny long procès que dudict lieu.
Si ne feis je jamais l'Adieu Qui parle de la Pauthonnière.
Vray est qu'elle fut buyssonniere, L'escolle de ceulx de Pavie.
Fy de l'honneur, vive la vie , Vive l'amour, vivent les dames !
Toutesfoys, L^^on, si les âmes Ne s'en vont plus en Purgatoire, On ne me sçauroit faire acroire Que le pape y gaigne beaucoup.
A la campaigne, acoup, acoup, Hau, capitaine Pinsemaille !
Le Roy n'entend point que merdaille Tienne le ranc des vieilz routiers.
Et puis dictes que les mousiiers Ne servent point aux amoureux !
Bonne macquerelle pour eulx Est umbre de devocion.
C'est une bonne caution Que Monsieur de la Moriniere ; En ce temps là vint la manière.
De se paindre avecques des fars.
Syre, ce disent ces caphars, Si vous ne bruslez ces mastins, Vous serez un de ces malins Sans tribut, taille ne truage.
Qui diable feit le Coqilage Des Parisiens l'autre esté ?
Pour le moins, si j'y eusse esté, On eust dict que c'eust esté moy.
Toucbe là : je suis en esmoy Des froidz amys que j'ay en France; Mais je trouve que c'est outrance Que l'un a trop et l'autre rien.
Est il vray que ce vieil marrien Marche encores dessus espines, Et que les jeunes tant pouppines Vendent leur chair cher comme cresme?
S"il est vray, adieu le caresme Au concile qui se fera; Mais Romme tandis bouffera Des chevreaulx à la chardonnelle.
Attaclie moy une sonnette Sur le front d"un moyne crotté, Une oreille à chaque costé Du capuchon de sa caboche :
Voyla un sot de la Bazoche Aussi bien painct qu'il est possible, De sorte qu'on feroit un crible De tous les trous qui s'abandonnent A ceulx qui les richesses donnent.
J'ay flux, contreflux, carte amont.
Dieu pardoint au povre Vermont; Il chantoit bien la basse contre, Et les marvs la malencontre,
Quand les femmes font le dessus.
Asçavoir mon, si les bossus Seront tous droicts on l'autre monde?
Je le dy pource qu'on se fonde Trop sus Venus et sus les vins, Parquoy je ne veulx qu'aux devins Personne sa fiance mette.
Or ça, le livre de Flammette, Formosiim fastor, Celestine , Tout cela est bonne doctrine.
Et n'y a rien de deffendu.
Icy gerra, s'il n'est pendu.
Ou si en la mer il ne tombe, Monsieur qui a dressé sa tumbe Avant que d'esire trépassé.
Fault il pour un verre cassé Perdre pour vingt ans de service?
Non, Monsieur, non. ce n'est pas vice Que simple fornication; J'en feray la probation Par une cotte violette Que donna la teste follette, Autrement le dieu des procès, Au moyen de quoy trop d"excès Sont engendrez de tant de festes.
En etTect, c'estoient de grans bestes Que les regens du temps jadis :
Jamais je n'entre en paradis S'ilz ne m'ont perdu ma jeunesse.
Mais comment se porte i'asnesse Que tu sçais, de Jérusalem?
S'elle veult mordre! garde l'en; Elle parie comme de cyre.
Vous dictes vray de cela, Syre :
Une estrille, une f-iulx, un veau.
C'est à dire eslrille Fauveau, En bon rébus de Picardie.
Lyon, veulx tu que je te die?
Je me trouve dispost des lèvres ; Et d'autres bestes que les chèvres Portent barbe crise au menton.
Je ne dy pas que Melanchlhon Ne declaire au roy son advis; Mais de disputer vis à vis, îs'os maistres n'y veulent entendre, Combien que la jeunesse tendre Soit par tout assez mal apprinse.
Tu ne sçais pas? Thunis est prinse, Triboulet a frères et sœurs, Les Antrloys s'en vont bons danseurs, Les AUemaas tiennent mesure.
On ne preste plus à usure, Mais tant qu'on veult à interest.
A propos de Perceforest, Lit on plus Artus et Gauvain ?
Il a prins TEvangile en vain.
Le punais, et s'en est faict riche: ^ Et puis s'etîorce mettre en triche La vigne et ses petis bourgeons.
Tout beau! je vous pry, ne bougeons :
Vous diètes que ce fut jeudy.
Non fais, non, voycy que je dy :
Je dy qu'il n'est point question De dire j'allion, ne j'estion, Ny se renda, ny je frappy :
Tesmoing le comte de Carpy, Qui se feit moyne après sa mort.
Laisse moy là, qui rit et mord, Et demande au petit Roger Si ceulx que l'on feit desloger Hors des villes cryoient Campos.
Vrayement, puis qu'il vient à propos, Je vous en veulx faire le compte.
Elles n'osent dire viconte, Vigueur, vicourt ni vilevé :
Leur petit bec seroit grevé.
En danger d'e?tre trop fendues.
On dict que les nonnains rendues Donnent genlilment la verolle.
D'estre bruslé pour la parole, Je te pry, ne soys point couart; Mais pour la foy de Billouarl
Laisse mourir ces sorbonistes.
Raison : La glose des légistes Lourdement gaste ce beau texte.
Pour ceste cause je proteste Que l'Antéchrist succumbera; Au moins que de bref tombera Sur Babvlonne quelque orage.
Marguerite de franc courage N'a plus ses beaulx yeulx esblouys.
Dieu gard la fille au roy Loys, Qui me reçoit quand on me chasse.
Voulez vous préférer la chasse Au vol du milan suspendu ï Si. Dieu ne l'avoit deflfendu, Et je fusse en mon advertin, Je donrois quinze à l'Aretin, Et si gaignerois la partie.
La court en sera advertie, D'un tas de gros asnes, ou yvres, Qui font imprimer leurs sots livres Pour acquérir bruit d'eslre veaulx.
A Fleury sont les bons naveaulx.
Les richesses en ces prelatz.
Et puis c'est tout, je suis tant las, Que quatorze archiers de la garde Me battroient à la halebarde.
Quant au Palays, tousjours il grippe, Adieu vous dy, comme une trippe.