‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 120 sur 293 · A MONSIEUR CRETIN , ' SOUYERAIN POETE FRANÇOYS · texte numérisé non relu

A MONSIEUR CRETIN , ' SOUYERAIN POETE FRANÇOYS

JL'homme sotart, et non sçavant, Comme un rôtisseur qui lave oye , La faulte d'aucun nonce, avant Qu'il la congnoisse , ne la voye : Mais vous, de hault sçavoir la voye, Sçaurez par trop mleulx m' excuser D'un gros erreur, si falct l'avoye, Qu'un amoureux de musc user. "^

' Marot envoya cette ëpigramme à Crétin avec le chant royal de la Conception , qu'il avait compose à la prière de ce poète dëvot.

* Nous découvrons à peine le sens de cette épigramme , à travers les équivoques et les vieux proverbes dont elle est remplie à dessein. Pasquier la trouvait d'abord volontiers ridicule f m^ estant esmerveille' mille foy s , dit-il , pourquoy il n'y a rien qu'une affectation d*equiçoques : toutesfoys après avoir leu les œuvres de Crétin , non seulement je Veaccusay , mais loûay la gentilesse de son esprit , d* autant quHl dedioit son livre à un homme duquel toute Vestude ne ^isoit qu*en équivoques.

byGckil

33o ÉPIGRAMMES.

POUR LB MAT PLANTE PAR LES IMPRIMBORS DE LTON DEVANT LE LOGIS DU SEIGNEUR TRIVULSE.'

Au ciel n'y a ne planette, ne signe, p Qui si apoinct scent gouverner Tannée , 0 Comme est Lyon la cite gouvernée S> Par toy, Trivulse, homme clair et insigne : 14 Cela disons pour ta vertu consigne, fi £t pour la joye entre nous démenée , Q Dont tu nous as la liberté donnée, b La liberté, des trésors la plus digne. /9 Heureux vieillard , les gros tabours tonnans , t Le may planté, et les fiflires sonans, ^ En vont louant toy, et ta noble race. T? Or pense donc , que sont noz vouluntez^, t Veu qu'il n'est rien, jusque aui arbres plantez ,*=- Qui ne t'en loue, et ne t'en rende grâce, -p

■ Trivulse (Thëodore) , Italien , neveu du c^ébre maréchal Jacques Trivulse , se distingua dans les guerres d'Italie. En 1537» François P' le fit marëchal de France à la place de la Palice , et lui donna le gouvernement de Gènes , que Trivulse défendit vainement , Tannëe suivante, contre les habitans révoltés. Il mourut sans en&ns , en i53i , à Lyon , dont il était gouverneur.

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