DE LA CONVALESCENCE DU ROY
JtVoY des Françoys, Françoys premier du nom, Dont les vertus passent le grand renom ,
* Marot , pendant son exil à Ferrare , avait été éffacë de IMtat de la maison du roi ^ il y fut remis , à son retour , par Tordre de François I«r. Voyez VEssai historique.
* François !«' fut malade à Lyon ^ en 1537.
Et qui en France, en leur entîer rameines Tous les beaulx arts et sciences romaines , O de quel grand bénéfice estendu, De Dieu sur nous , à nous il t'a rendu : Qui pour accès de fièvre longue et grosse, Âvoit desja le pied dedans la fosse.
Ja te pleuroit France de cueur et d'œil : Ja pour certain elle portoit le dueil : Mais mort qui feit de toy si grans approches Jamais ne sceut endurer noz reproches : Et t'a rendu par grand despit, à nous, Dont devant Dieu nousployons les genoux.
Ainsi tu sçais combien par faulx alarmes,
La mort a faict, pour toy, jecter des larmes.
Et si te peulx vanter en vérité
De succéder à ta postérité ,
Et d'estre roy après ton successeur :
Car ja pour roy le tenions pour tout seur.
Vy donc , Françoys , ainsi que d'une vie D'entre les mains des trois Parques ravie : Prens les plaisirs et biens qui s'envoloient Et qui de toy desrobber se vouloient.
Que Dieu te dolnt venir tout bellement Au dernier poinct naturel tellement Que de la vie en ce poinct retournée , Ne puisses perdre une seule journée.