‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 131 sur 293 · DE SOY MESME · texte numérisé non relu

DE SOY MESME

Jr LUS ne suis ce que j'ay esté , \

£t ne le sçaurois jamais estre :

Mon beau printemps, et mon esté Ont faict le sault par la fenestre.

Amour, tu as esté mon maistre > Je t'ai servy sur tous les dieux.

O si je pouvois deux foys naistre, Comme je te servirois mieulx. *

' « Sans le printems et Véié qui font le saut par la fenêtre, cette » ëpigramme serait digne de Gallimaque. » Màrmontel.

Kegnier a développe cette pensée dans une ode qui n^est pas indigne d^étre lue ; nous n'en citerons que quelques vers :

Jamais ne ponrray je bannir Hors de moy Tingrat souvenir . De ma gloire- si tost passée 7

Toasjours ponr nourrir mon aoiicj , Amour , cesC cnimnt sans mercy , L'offrira t il à ma pensée 7

Tu me fis tous maolx esprouver ,

£t , sans jamais me retrouver ,

Je m^allois cherchant en moy mesme.

Un regret pensif et confus

D'avoir esté et n'estre plus

Rend mon ame aux douleurs ouverte :

A mes despens , las ! je sens bien

Qu'un bonheur comme estoit le mien

Ne se congnojst que par la perte.

344 ËPIGRAMMES.

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