DE SOY MESME
Jr LUS ne suis ce que j'ay esté , \
£t ne le sçaurois jamais estre :
Mon beau printemps, et mon esté Ont faict le sault par la fenestre.
Amour, tu as esté mon maistre > Je t'ai servy sur tous les dieux.
O si je pouvois deux foys naistre, Comme je te servirois mieulx. *
' « Sans le printems et Véié qui font le saut par la fenêtre, cette » ëpigramme serait digne de Gallimaque. » Màrmontel.
Kegnier a développe cette pensée dans une ode qui n^est pas indigne d^étre lue ; nous n'en citerons que quelques vers :
Jamais ne ponrray je bannir Hors de moy Tingrat souvenir . De ma gloire- si tost passée 7
Toasjours ponr nourrir mon aoiicj , Amour , cesC cnimnt sans mercy , L'offrira t il à ma pensée 7
Tu me fis tous maolx esprouver ,
£t , sans jamais me retrouver ,
Je m^allois cherchant en moy mesme.
Un regret pensif et confus
D'avoir esté et n'estre plus
Rend mon ame aux douleurs ouverte :
A mes despens , las ! je sens bien
Qu'un bonheur comme estoit le mien
Ne se congnojst que par la perte.
344 ËPIGRAMMES.