LIVRE I
A DOtET , SUR SES COMMENTAIRES DE LA LANGUE LATINE. <
J-*E noble esprit de Cicero Romain ,
Voyant ça bas maint cerveau foible, et tendre
Trop maigrement avoir mis plume en main :
Pour de ses dictz la force faire entendre ,
Laissa le ciel , en terre se vint rendre ,
Au corps entra de Dolet, tellement
Que luy sans autre à nous se (aict comprendre ,
Et n'a change que de nom seulement
A L*EMPERRUR.^
Lors que ( César) Paris il te pleut veoir , £t que pour toy la ville estoit ornée , Un jour devant il ne feit que pleuvoir, Et lendemain claire fut la journée :
Si donc faveur da ciel te fut donnée , Cela ( César ) ne nous est admirable ;
' Ces Commentaires attirèrent à Dolet autant de critiques que d'éloges. On croit quHl fut aide , dans cet immense travail , par le savant Naugier, avec lequel il avait été long-tems lie à Venise.
* Voyez les Chants xiii , xiv et xv.
Car le ciel est, comme par destinée Tout coastmnier de t^estre favorable.
xxvi:
POUR LE PERRON DE MONSEIGNEUR LE DAULPHIN , ' AU TOURNOT DES CHEVALIERS ERRANS,* PRES CHASTELERAULT , EN POICTOU.
le Y est le perron D'amour loyalle et bonne Ou maint coup d'esperon , - £t de glaive se donne.
Un chevalier royal Y a dressé sa tente :
Et sert de cueur loyal Une dame excellente ,
Dont le nom gracieux N'est ja besoing d'escrire :
' Henri , second fils de François 1er ^ dauphin après la mort de François, son frère aine , succéda à son père , en i547« ^^ nom de Henri II se rattache à de hien tristes époques.
^ En i54i , lorsque Jeanne d'Alhret, fille unique de Marguerite et de Henri , roi de Navarre , à peine âgée de onze ans, fut promise à Martin , duc de Clèves , on célébra dans la forêt de Chatelleraut , en Poitou , de magnifiques tournois , auxquels assista toute la cour. Cependant cette alliance , que ces fêtes avaient annoncée avec tant d'éclat, ne s'acheva jamais ,^ et Jeanne d'Albret épousa, plus tard , Antoine de Bourbon -Vendôme , qui fut père de Henri IV.