POUR LE PERRON DE MONSEIGNEUR O*0RLEANS
VoYCY le val des constans amoureux, Ou tient le parc l'amant chevaleureux,
' Il devait coûter à Marot d^applaudir , en quelque sorte , à rinfidëlitë qui avait £Eiit passer Tambitieuse Diane dans les bras dVn rival. Mais ce rival était le daupbin ^ mais les annëes emportent le souvenir d^un amour malheureux , et d^ailleurs les poètes courtisans sont habituds à mentir à leur conscienre.
' Charles , duc d^Orlëans , troisième ûls de François 1er , étsàt celui que ce monarque chérissait le plus tendrement. Une figure charmante , quelques qualités aimables 1 favorisaient cette prédi • lection ; mab la nation voyait avec inquitétude son ambition dcme* surée, sa 'témérité, et surtout Tantipathie qui éloignait les deux frères. Ce jeune prince, atteint d'une maladie contagieuse qu''il avait imprudemment bravée ^ eifpira ; entre les bras de son père désolé, le 8 septembre i545*
Qui n^ayma onc , n*ayme, et n'aymera qu'une. D'îcy passer n'aura licence aucune Nul chevalier, tant soit preux et vaillant , Si ferme amour est en lui deËiillant S'il est loyal, et veult que tel se treuve , 11 luy convient lever pour son espreuve Ce marbre noir : et si pour luy trop poise , Chercher ailleurs son adventure voyse.