CANTIQUE A LA DEESSE SANTE, POUR LE ROY SIALADE
JDoULCE santé de langueur ennemye, De jeux, de rys, de tous plaisirs amye, Gentil resveil de la force endormie, Doulce santé :
Soit à ton los mon cantique chanté, Car par toy est l'aise doulx enfanté : Par toy la vie en corps aggravante Est restaurée.
Tu es des vieux , et jeunes adorée :
Richesse n'est, tant que toy, désirée:
De rien, fprs toy, la personne empiree Ne se souvient.
' François f était afflige de cette maladie honteuse que les Es- . pagnols avaient apportée en Europe avec les trésors de TAmerique. n avait oublié la distance qui le séparait de la belle Féronnière. Le mari de cette femme , désesp^é, aUa recueillir lui-même ce poison mortel , qui infecte les sources de la vie , et le communiqua à son infidèle moitié, pour le faire passer. jusqu^au roi. La belle Féronnière en mourut, le mari en guérit; François I**" fut toujours tourmenté par ce mal, qui le conduisit enfin au tombeau.
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Et aussi tost, que ta présence vient , Paslcur s'enfuyt , couleur vive revient : Mesmes la mort fuyr du lieu convient , Ou tu arrives.
Les vieilles gens tu rends fortes, et vives Les jeunes gens tu fais récréatives, A chasse, à vol, à loumoys ententives, Et esbatz maintz.
O doulx repos, nourrice des humains.
Bien doibt chascun t'invo'quer joinctes mains , Veu que sans toy les ennuys inhumains Nous jprecipitent :
Veu que sans toy en la terre n'habitent Les dieux rians, qui à plaisir invitent: Ains tous faschez s'en vont, et se despitent, Si tu n'y viens.
Vien donc icy, o source de tous biens , Vien veoir Françoys le bien aymë des siens, Yien, fusses tu aux champs Elisiens, Ou sus les nues.
Tu recevras cent mille bien venues Des princes haultz, et des tourbes menues, Qui sont du bras de Françoys soustenues Roy couronné.
Las au besoing tu Pas abandonné, Et s'est mon cueur maintes foys estonné, Comment d'un corps de grâce tant orné Tu t'es bougée.
Ou peulx tu esti^e ailleurs si bien logée? Revien secours de nature affligée :
Si te sera toute France obligée Moult grandanent. '
Puis d'un tel roy (après l'amendement) Tu receyras les grâces méritoires, *
Et auras part à l'honneur mesmement De ses futurs triumpbes , et victoires.
XIÏ.