‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 150 sur 293 · D* ALBERT , JOUEUR DE LUZ DU ROY · texte numérisé non relu

D* ALBERT , JOUEUR DE LUZ DU ROY

Quand Orpheus reviendroit d'Elisée,

Du ciel Phebus plus qu'Orpheus expert :

Ja ne seroit leur musique prisée

Pour le )ourâ''fauy tant «que celle d'Albert :

yhonneur d'ainesse est à eulx , comme appert :

Mais de l'honneur de bien plaire à l'ouyr ,

Je dy , qu'Albert par droict en doibt jouyr ,

Et qu'un ouvrier plus exquis n'eust sceu nàistre

Pour un tel roy que Françoys resjouyr ,

Ne pour Touvrier un plus excellent maistre.

DE ViaCOnriN, ET DE LA CALAnDRE DU ROT,

Incontinent que Visconlin mourut,!

Son ame entra au corps d^une calandre :

Puis de plein vol vers le roy s'encourut : • '

£ncor un coup son service reprendre :

Et pour mieulx faire à son maistre comprendre,

Que c^est luy mesme , et qu'il est revenu ,

Gomme on Pouyt parler gros, et menu,

Contredisant d^hommes geste et Êiconde,

Ores qu^il est calandre devenu y

Il contre&ict tous les oyseaulx du monde.

A CRAVANy SIEN AMT MALADE.

Amy Cravan, on t'a faict le rapport Depuis un peu que j'estois trespassé : '

' Cest sans doute pendant la maladie qui , en i53i , mit les joart de Marot en danger, que ses ennemis firent courir le bruit de sa mort. Cette nouvelle ne fut pas démentie à Tinstant , comme le prouvent ces vers , que Scëvole de Sainte-Marthe adressa au poète ressuscite :

XPIOEAMIU DE SÀIIICTX liÀKTBB À CLIVBHT miEOT 80& U MVICT »■ SA UOtT.

Il fut nn bruict , o Maroi , qn^estois mort , £t ce fanlz brnict un menteur «asura : L^un d'un costé se plaignoh de la mort , Faisant regret qui longuement dura :

L*antre par vers piteux la déplora ,

» LIVRE i. V 363

Je prie à Dieu que le diable m'emport S'il en est rien, ne si j'y ay pense'. Quelque ennemy à ce bruict avancé , Et quelque amy m'a dlct que mal te portes : Ce sont deux bruictz de différentes sortes. Las, l'un dit vray, c'est un bridct bien maussade. Quant à cdluy qui a faict l'ambassade De mon trespas, croy moy qu'il ment, et mord; Que pleust à Dieu que tu fusses malade , Ne plus ne moins qu'à présent je suis mort.

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