D* ALBERT , JOUEUR DE LUZ DU ROY
Quand Orpheus reviendroit d'Elisée,
Du ciel Phebus plus qu'Orpheus expert :
Ja ne seroit leur musique prisée
Pour le )ourâ''fauy tant «que celle d'Albert :
yhonneur d'ainesse est à eulx , comme appert :
Mais de l'honneur de bien plaire à l'ouyr ,
Je dy , qu'Albert par droict en doibt jouyr ,
Et qu'un ouvrier plus exquis n'eust sceu nàistre
Pour un tel roy que Françoys resjouyr ,
Ne pour Touvrier un plus excellent maistre.
DE ViaCOnriN, ET DE LA CALAnDRE DU ROT,
Incontinent que Visconlin mourut,!
Son ame entra au corps d^une calandre :
Puis de plein vol vers le roy s'encourut : • '
£ncor un coup son service reprendre :
Et pour mieulx faire à son maistre comprendre,
Que c^est luy mesme , et qu'il est revenu ,
Gomme on Pouyt parler gros, et menu,
Contredisant d^hommes geste et Êiconde,
Ores qu^il est calandre devenu y
Il contre&ict tous les oyseaulx du monde.
A CRAVANy SIEN AMT MALADE.
Amy Cravan, on t'a faict le rapport Depuis un peu que j'estois trespassé : '
' Cest sans doute pendant la maladie qui , en i53i , mit les joart de Marot en danger, que ses ennemis firent courir le bruit de sa mort. Cette nouvelle ne fut pas démentie à Tinstant , comme le prouvent ces vers , que Scëvole de Sainte-Marthe adressa au poète ressuscite :
XPIOEAMIU DE SÀIIICTX liÀKTBB À CLIVBHT miEOT 80& U MVICT »■ SA UOtT.
Il fut nn bruict , o Maroi , qn^estois mort , £t ce fanlz brnict un menteur «asura : L^un d'un costé se plaignoh de la mort , Faisant regret qui longuement dura :
L*antre par vers piteux la déplora ,
» LIVRE i. V 363
Je prie à Dieu que le diable m'emport S'il en est rien, ne si j'y ay pense'. Quelque ennemy à ce bruict avancé , Et quelque amy m'a dlct que mal te portes : Ce sont deux bruictz de différentes sortes. Las, l'un dit vray, c'est un bridct bien maussade. Quant à cdluy qui a faict l'ambassade De mon trespas, croy moy qu'il ment, et mord; Que pleust à Dieu que tu fusses malade , Ne plus ne moins qu'à présent je suis mort.