‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 153 sur 293 · LIVRE L · texte numérisé non relu

LIVRE L

Je le sçay bien , mais point ne le veolx croire, Car je perdrois Paise qae j'ay receu.

A MAURICE SCEVE " , LYONTîOYS.

JciN m'oyant chanter (Quelques foys Tu te plaint qu'estre je ne daigne Musicien , et que ma voix Mérite bien que Ton m^enseigne , Voyre , que la peine je pr^gne D'apprendre : ut, re, my, fa, sol, la. Que diable veulx tu que j'appreîgne, Je ne boy que trop sans cela.

AU POETE BORBONIUS.

L'en F A NT Amour n'est pas si petit Dieu, Qu'un paradis il n'ait soubz sa puissance ,

* Sccve (Maurice), de Fanciieiine famille desScevés, de Lyon, rëunit le nom de sayant a celui de poète. Daâs un âge ayancë , à Texemple de Pétrarque', il se fit une maîtresse, et renferma tout son amour dsms quatre cent quarante^eiif disais (son liyre est intttuki , Délie) ; « nuk arècques un sens si obscur , remfafrque Pas- >» quier , que le lisant , je disais estre trescontent de ne IPentendre » pas, puisqiiUl ne youloit pas estre entendu. » Selon Lacroix du Maine, Maurice Sceve vivait encore, en iSSg, k Lyon; dont U tftait échevin.

Un purgatoire aussi :pour son milieu, £t un enfer plein d ^horrible nuy sauce : Son paradis c'est quand la jouyssance Aux poursujvans par grâce il abandonne : Son purgatoire , est alors quHl ordonne Paistre nos cueurs d'un espoir incertain ; Et son enfer , c^est à Pheure qni\ donne Le voler bas , et le vouloir haultain.

r IL CONVIE \rOIS POETES A DISN^R*

Demain que Sol veult le jour dominer, '

Viens Boysonné , Villas , et la Perrière, *

Je vous convie avec moy à disner ,

Ne rejcctez ma semonce en arrière : >

Car en disnant, Phebus par la verrière

Sans la briser viendra veoir ses suppostz

Et donnera faveur à noz propos ,

En les faisans dedans noz bpuches naistre.

Fy du rqpas , qui en paix , et repos

Ne sçait l'esprit avec le corps repaistre.

' Les anciens appelaient le dimanche le jour du soleil.

^ Guillaume de la Perrière, né à Toulouse, en i5oi. Nous avons de lui le Théâtre des bons Engins , les ennuies de Foix et des poésies morales.

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