MAROT A SES DISCIPLES
JiiNFANS, oyez une leçon :
Nostre langue a ceste façon Que le terme qui va devant, Vouluntlers régit le suyvant.
Les vieux exemples je suyvray Pour le mleulx : car à dire vray, La chanson fut bien ordonnée , Qui dit : M* amour vous ay donnée.
£t du bateau est estonnë ,
' Quand le dernier mot du vers est rëpe'të au commencement du ▼ers suivant, cette rime en ëcho est appelée /rûfemi^éîp. Ce sont pourtant ces niaiseries qui fabaient autrefois jeter des crii d'admiration.
Digjtized by CjOOQ IC
Qui dît : M* amour vous ay donné. ' Voila la force que possède Le femenln , quand 11 précède.
Or prouvera y par bons tesmoings , Que tous plurlers n'en font pas moins : Il fault dire en termes par&lctz, Dieu en ce monde nous afaictz :
Fault dire en paroUes parfalctes , Dieu en ce monde les a f aides:
Et ne £iult point dire en effect.
Dieu en cie monde les afaict:
Ne nous afaict pareillement , Mais nous afaictz^ tout rondement.
L'Italien dont la faconde Passe les vulgaires du monde, Son langage a ainsi basty En disant , Dio noi afatti.
Parquoy , quand me sms advisë.
Ou mes ju^es ont mal vise.
Ou en cela n'ont grand'sclaice, Ou Hz ont dure eonscîeneev
' On est ëtonnë de voir Marot rësoudre une question delà grammaire, qui a été si long-tems agitée , et dont beaucoup d'écrivains de son siècle n'avaient pas même l'idée: