LIVRE I
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iSiS.
^ RONDEAU OSS BABBIERS. '
PoVRES Barbiers, * bien estes morfonduz , De veoir ainsi gentilz hommes tonduz, Et porter barbe, ^ or advisez comment Vous gaignerez, car tout premièrement, 'Tondre et peigner ce sont cas defenduz.
De testonner on n^en parlera plus^ Gardez cizeaux et rasouers esmouluz :
€ar désormais vous fault vivre autrement, Povres Barbiers.
^ En 1 5i 5, François I*', blesse a la tête à la bataille de Marignan, vit arec regret sa longue cbevelure tomber sous les ciseaux; après cette époque il laissa croître sa barbe. Les courtisans, qui composent toujours leur yisage sur celui du roi , ne balancèrent pas à sacrifier leurs , boucles flottantes , et le menton des petits-mattres se dëcora d^une barbe droite et épaisse; cet usage se conserva jusqu^au règne de Louis XIII.
* Dans le rondeau xxx du livre I, le poète défend de commencer . un rondeau par un vocatif, qui ne i>eut revenir deux fois dans un sens différent ; mais tout jeune lorsqu'il composa ce rondeau des Barbiers, il ignorait sans doute cette règle quHl n^enfreignit jamais depuis.
^ Dans les anciens portraits , Charles VI , Charles VII, Louis XI , Charles VIII , Louis XII , sont repre'sentés avec les cheveux demilongs et la barbe rasée.
lo6 RONDEAUX.
J'en ai pitié : car plus comtes ne ducz Ne peignerez ; mais comme gens perduz , Vous en irez besongner chauldement En quelque estuve, et là gaillardement, Tondre maujoinct ou raser Priapus , Povres Barbiers.