‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 205 sur 293 · DE SA DAME ET DE SÛY MESME · texte numérisé non relu

DE SA DAME ET DE SÛY MESME

Des que m'amye est un jour sans me veoir Elle me dit, que j'en ay tardé quatre : Tardant deux jours , elle dit ne m'avoir Veu de quatorze, et n'en veult rien rabatre: Mais pour l'ardeur de mon amour abatre, De ne la veoir j'ay raisbn apparente.

' Allusion au bandeau que porte V Amour.

* C'est, ce me semble, le sel le plus fin , le plus d^icat de Tepigramme ; mais sous une apparence de simplicité' qui le i*end plus piquant encore.

'MàRHOIVTEL.

Qu'il est ingénieux ce madrigal ! Il semble être ëchappë a Anacrëon. C'est â un caprice de Marguerite que nous devons ces Tcn charmans ; elle n'avait pas reçu avec plaisir la ballade où son amant l'appelle la plus belle de France; son amour -propre demandait quelque chose de plus , ou plutôt son esprit délicat ne se contentait pas d'une louange banale dont tous les amans fatiguent leurs mat • tresses. Cl. Marot répara sa faute , en lui envoyant aussitôt cette épigramme.

Page 1