‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 206 sur 293 · LIVRE ÎII · texte numérisé non relu

LIVRE ÎII

Voyez , amans , nostre amour différente : Languir la fais , quand suis loing de ses yeulx , Mourir me faict, quand je la voy presmte : Jugez lequel vous semble aymer le mieulx. \

d'ATÏHE JOtANT DE l'ESPINETTB.

Li ORS que je voy en ordre la brunette Jeune, en bon poînct, de la ligne des dieux Et que sa voix , ses doigts , et l'espinette Meinent un bruict doulx, et mélodieux , J'ay du plaisir, et d'oreilles, et d'yeulx. Plus que les sainctz en leur gloire immortelle , Et autant qu'eulx je deviens glorieux, Des que je pense estre un peu aymé d'elle.

DE MARGUEiaTE D^ALEHÇON » SA SŒUR D^ALLlAlSfCE.

U N chascun qui me faict requeste D'avoir œuvres de ma façon , Voyse tout chercher en la teste

' Marmontel cite cette ëpigramme et la xly® du même livre comme des modèles de Ja grâce la plus naive et du naturel le plus fin.

De Margaerite d^Alençon.

Je ne &is dizain ne chanson.

Chant royal, ballade, n'espitre»

Qu'en sa teste elle n'enregistre Fidèlement, correct, et seur:

Ce sera mon petit registre, Elle n'aura plus nom ma sœur.

xxviir.

iSaS.

LE DIXAIll DE MAT Qt7I FUT ORD ,

Et de febymer qui luï feit tort.

JL' AN vingt et sept, Febvrier le froidureux

Eust la saison plus claire et disposée ,

Que Mars n' Avril : Bref, il fut si heur eut ,

Qu'il priva May de sa dame Rousee :

Dont May triste a la terre arrousee

De mille pleurs, ayant perdu s'amye :

Tant que Ton dict , que pleuré il n'a mye ,

Mais que grand' pluye hors de ses yeulx bouta :

Las , j'en jectay une foys et demie

Trop plus que luy , quand m'amye on m'osta»

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