‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 208 sur 293 · XX · texte numérisé non relu

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iSaS.

DU MOTS DE MAT ET d'ANNE.

Mots amoureux , moys vestu de verdure , Moys qui tant bien les cueurs £ais esjouyr : Comment pourras, veu l'ennuy que j'endure, Faire le mien de liesse jouyr ?

Ne prez , ne champs^ ne rossignolz ouyr

N'y ont pouvoir : quoy donc je te diraj ? ' Tant seulement fais Anne resjouyr, Incontinent je me resjouyray,

A MADAMOrSELLE DE LA 6RELIERE.

Mes yeulx sont bons, Grelîere, et ne voy rien , Car je n'ay plus la présence de celle, Voyant laquelle au monde voy tout bien : ' Et voyant tout je ne voy rien sans elle. Â ce propos souvent ( madamoyselle ) Quand vous voyez mes yeulx de pleurs lavez, Me venez dire , amy , qu'est ce qu'avez ? Mais le disant vous parlez mal apoinct Et m'est advis que plus tost vous debvez , Me demander , qu'est ce que n'avez point ?

' La médisance , ou plutôt riudiscrétion du poète, instruisirent la cour du bonheur des deux amans. Le roi de Navarre , pour faire taire des bruits que Pon portait charitablement à ses oreilles, défendit à sa femme de voir epcore Marol. Le roi de Navarre n^était pas aimé , il avait raison de craindre une vengeance quHl méritait, vengeance que les femmes emploient souvent par caprice ! Marot a beau se plaindre de ne plus voir sa mattresse , nous pensons que Marguerite n'obéissait pas à son mari aux dépens de son amour» L'amour est si puissant contre la jalousie !

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