A ANNE
L'heur ou malheur de vostre congnoîssance
Est si doubteux en mon entendement ,
Que je ne sçay s*il est en la puissance
De mon esprit en faire jugement :
Car si c'est heur, je sçay certainement
Qu'un bien est mal quand il n'est point durable :
Si c'est malheur , ce m'est contentement
De l'endurer pour chose si louable. '
/ iSaS.
A UNE DAME, POUR l' ALLER VEOIR.
ILndormez bien Argus qui a tant d'yeulx, Et faictes tant que Dangier se retire : Duysans ne sont, mais par trop ennuyeux, A qui aller ytrs sa dame désire.
' Cette épigramme se trouve aussi dans les poe'sies de Saiut-Gelais 5 les quatre derniers vers sont seulement un peu changés. Les voici :
L'heur est si grand , que j'y crains cLaogement , Et l'Leur est mal , quand il n'est point durable : Au mal aussi y a contentement De reodurer pour chote !«i louable.
Là VOUS pourrez de bouche à loysir dire , Ce , dont Tescript un mot n^ose parler : Qu^en dictes vous, madame, y doy je aller? Non, j'y courray , mes emprises sont telles : Comment courir , j'y pourray bien voler Car j'ay d'Amour avecques moy les aesles.
A UNE AMTB. I
Si le loysir tu as avec l'envie
De me reveoir , o ma joye espérée ,
Je te rendray bon conte de ma vie ,
Depuis qu'à toy parlay l'autre seree :
Ce soir fut court , mais c'est chose asseuree,
Que tu m'en peulx donner un par pitié ,
Lequel seroit de plus longue durée/,
Et sembleroit plus court de la moyiié.
iSaS.
A XrSE DAME DE LYON. '
Sus lettre faîctes la petite A la brunette Marguerite.
S I le loysir tu as avec l'envie
^ L'année où cette ëpigramme fut composa, indique assez qu'elle