LIVRE III
A ANNE qu'il songe DE NUICT.
Anne ma sœur, dont me vient le songer, Qui toute nuict par devers vous me meine? Quel nouvel hoste est venu se loger Dedans mon cueur , et tous) ours si pourmaine, Certes je croy ( et ma foy n*est point vaine ) Que c'est un Dieu : me vient il consoler? Ha, c'est Amour, le le sens bien voler. Anne ma sœur , vous Pavez' faict mon hoste : Et le sera,. me deust il affoUer, Si celle la qui l'y meit ne l'en os te.
DU MOYS DE MAY ET d'ANNE.
May, qui portoit robbe reverdissante, De fleur semée un jour se meit en place , Et quand m'amye il veit tant fleurissante, De grand despit rougit sa verte face , En me disant : Tu cuydes qu'elle efface , A mon.advis les fleurs qui de moy yssent: Je luy respons, toutes tes fleurs périssent, Incontinent qu'y ver les vient toucher.
Mais en tous temps de ma dame fleurissent Les grans vertus que mort ne peult sécher.
436 EPIGRAMMBS.