‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 213 sur 293 · A UNE DONT IL NE POUVOIT OSTER SON CUEUR · texte numérisé non relu

A UNE DONT IL NE POUVOIT OSTER SON CUEUR

Jr UIS quHl convient par le pardon gaigner De tous pèches faire confession Et pour d^enfer Tesperit esloîgner Avoir au cueur ferme contrition :

Je te supply fais satisfaction Du povrc cueur qu^en peine tu retiens, Ou si le veulx en ta possession , Confesse donc mes péchez et les tiens.

d'un POURSUTYANT en AMOtJRS.

Je sens en moy une flamme nouvelle, Laquelle vient d'une cause excellente Qui tous les jours me dit, et me revelle, Que demourer doy personne dolente.

0 Amour plein de force violente, Pourquoy as tu mon toufment entrepris ?

Approchez vous , belle qui m'avez pris : Amour cruel vostre amy veult oecire, II. a8

Et gaignera la bataille et le prix ^ Si ne rnzvmez du bien que je désire.

JuE clair soleil par sa présence efface, Et faict fayr les ténébreuses nuictz , Ainsi pour moy (Anne) devant ta fece S^en vont fiiyani^ mes langoureux ennuiz : Quand ne te voy tout ennuyé je suis : Quand je te voy je suis bien d'autre sorte. Dont vient cela? sçavoir je ne le puis, Si n^est d'amour , Anne , que je te porte.

DE ANNE qu'il AYME FORT.

Jamais je ne eonfesserois ,

Qu'amour d'Anne ne m'a sceu poindre :

Je l'ayme, mais trop l'aymerois,

Quand son cueur au mien vouldroit joindre:

Si mon mal quiers, m'amour n'est moindre»

Ne moins prisé le Dieu qui vole :

Si je suis fol, amour m'affoUe ,

Et vouldrois, tant j'ay d'amytîé,

Qu'autant que moy elle fust folle,

Pour estre plus fol la moytié.

Page 1