‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 23 sur 293 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Maie fortune a voulu maintenir, Et a juré de tousjours me tenir :

Mais , monseigneur , pour Foccire et deffaire Envers le roi vueillez mon cas parfaire , Si que par vous je puisse parvenir La ou sçavez.

DB MADàKB LA DUCHESSE D*AIENÇON, SŒUR UNIQUE DU HOT.

Sans rien blasmer, je sers une maistresse, Qui toute femme ayant nobk haultésse, Passe en vertu , et qui porte le nom D^ime fleur belle : et en royal surnom Demonstre bien son antique noblesse.

En chastetë elle excède Lucresse :

De vif esprit, de constance, et sagesse S^en est Penseigne, et le droict gonffitnon, Sans rien blasmer.

On pourroit dire, il Testime sans cesse, Pource que c'est sa dame et sa princesse : Mais on sçait bien, si je dy vray, ou non. Bref, il ne fut en louable renom Depuis mille ans une telle duchesse.

Sans rien blasmer.

IIO RONDEAUX.

DE LA VENUE DES ROTS DE FRANCS ET Di*ANGLETERRB ENTRE ARORES ET GUIGNES.'

JDë deux grans roys la noblesse et puissance Veue en ce lieu , nous donne congnoissance , Qu'amitié prend courage de lion . Pour ruer jus vieille rébellion , Et mettre sus de paix l'esjouyssance.

Soit en beauté, sçavoir, et contenance, Les anciens n*ont ^int de souvenance , D'avoir onc veu si grand'perfection De deux grans roys.

Et le festin , la pompe y. et l'assistance Surpasse en bien le triumphe et prestance Qui fiit jadis sur le mont Pelion :

Car de la vint la guerre d'Ilion : • Mais de cecy vient paix et alliance De deux grans roys.

* Voyez la ballade v, page 1 1 .

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