LIVRE lY
Âpres lay crie, à luj souvent j^entens, Car de son vol rend mes espritz contens. Âdonc Amour bel oyseau par les aesles , Apporte proje, et donne passetemps.
Ou entretien ( tout seul ) tes damoyselles.
BAISSR VOKÉ.
Vous VOUS plaignez de mon audace Qui a prîns de vous un baiser, Sans en requérir vostre grâce, Venez vers moy vous appaiser :
Je ne vous iray plus baiser Sans vostre congé, veu qu'ainsi Il vous deuh de ce baiser cy , Lequel si bien Tay ose prendre , West pas perdu, je suis icy £n bon vouloir de vous le rendre.
RSSPONSE. *
Du baiser qu'avez soudain pris , Possible n'est d'en Êiire paye , Car vous n'en scavez pas le prix ,
" Cette r^onse est de Marot.
Et ne ?eulx pas qu^on me le paye :
Mais si vous pensez que tort j^aye D'obliger ainsi vous oser, Payez moy en autre monnoye Autant qu^estimez le baiser.
REPLIQUX.
De ce qui ne chet soubz un prix , Si ne sçaurois en rien mesprendre , Quand on le rend comme on Ta pris^ Par quoy ce baiser vous viens rendre Tout ainsi que je le vins prendre :
Mais je n^oserois m' entremettre De donner le prix ou l'y mettre.
Car c'est fimr chose infinie, Et donner cause de commettre £n Testât d'amours symonie.