LIVRE V
Bien est-il vray que champ gras et utile Donne travail, mais plaisante est la peine.
DE CATELLA PUBLII.
Lib. I. Epi g. ex.
Issa est passere nequior Gatulli , etc
DE LA CHIENNE DE L\ ROTNE ELEONOE.
Mignonne est trop plus afFettée, Plus frétillant , moins arrestëe Que le passeron de Maupas :
Cinquante pucelles n^ont pas La mignardie si friande.
Mignonne nasquit aussi grande Quasj comme tous la voyez.
Mignonne vault ( et m'en croyez ) Un petit trésor : aussi est ce Le passe et temps et la liesse De la royne, à qui si fort plaist, Que de sa belle main la paist.
Mignonne est la petite chienne :
Et la royne V est la dame sienne :
Qui l'orroit plaindre aucunesfoys , On gageroit que c'est la voix De quelque dolente personne :
486 ÉPIG.RAMMES.
Et a bien cest esprit Mignonne , De sentir plaisir , et esmoy , Aussi bien comme vous et moy.
La royne en sa couche parée , Luy a sa place préparée :
Et dort, la petite foUastre, Dessus la gorge d'allebastre De sa dame , si doulcement ' Qu'on ne Toyt souffler nullement.
Et si pisser veult d'adventure , Ne gaste drapz , ny couverture :
Mais sa maistresse gratte , gratte , Avecques sa flatteuse patte» :
L'advertissant qu'on la descende :
Qu'on Tessuye, et puis qu'on la rende En sa place : tant estbonnestc, Et nette la petite beste.
Le jeu d'amours n'a esprouvë :
Car encores n'ayons trouvé Un mary digne de se prendre A une puceUe si tendre.
Or affin que du tout ne meure , Quand de mourir viendra son heure , Sa maistresse en un beau tableau , L'a Met paindre à Fontainebleau, Plus semblable à elle ( ce semble ) Qu'elle mesme ne se ressemble.