BS COQUILLART , * ET DE SES ARMES A TROIS COQUILLES D*OR
liA morre "^ est jeu pire qu'aux quilles, Ne qu'aux eschez, ne qu'au quillart.
A ce meschant jeu Coquillart Perdit sa vie et ses coquilles.
* Guillaume Coquillart , chanoine et officiai de Reims , vivait du tems de Louis XI et Charles VIII. Il a laisse le Plaidoyer et Procès entre la Rusée et la Simple j le Blason des Armes et des Dames , les Monologues de la Botte de foin, des Perruques y et d'autres poésies assez agréables. Coquillart , dit la Monnoye, écrit avec une facilité merveilleuse f et parle très- bien pour son tems.
Cette ëpitaphe n'est pas du goût de la Monnoye. Il a raison de dire, que ce n'est pas là cet élégant badinage que Boileau proposait pour modèle.
^ La morre était un jeu auquel Coquillart perdit toute sa fortune ; il en mourut de chagrin. Le sel de cette épigramme est renfermé dans le mot morre (mort).
5lO ÉPIGRÂMMES.
DE GUION LE ROT QUI S'ATTEHDOIT b'eST&E PAPE AVAlTT QUE MOURIR.
Cy gist Guion, pape jadis, et roy :
Roy de surnom , pape par Ëintasie :
Non marié, de paom* (comme je eroy) D^estre coco, ou d^avoir jalousie.
Il préféra bon vin et malYoysie , £t chair salée à la propre santé. Or est il mort la Êice cramoysie :
Dieu te pardoint, povrc pater sancte.
DE JOUAN, FOL DE MADAME. w
Je fuz Jouan sans avoir femme ,
Et fol jusque à la haulte game :
Tous folz , et tous Jouans aussi
Venez pour moy prier icy ,
LW après l'autre , et non ensemble :
Car le lieu seroit (ce me semble)
Un petit bien estroict pour tous :
£t puis s^on ne parloit tout doulx,
Tant de gens me romproient mon somme.
Au surplus, quand quelque sage homme Viendra mon epitaphe lire,