DE JEHAN SERRE, EXCELLENT JOUEUR DE FARCES
LiY dessoubz gist, et loge en serre Ce tresgentil fallot Jehan Serre , Qui tout plaisir alloit suyvant :
Et grand joueur en son vivant, Non pas joueur de dez ne quilles,
' Personnage imaginaire.
* Ces yers sont une imitation d^une ëpitaphe rapportée dans les Epistolœ obscuronun vironun.
O Deus omnipotens , Vituli miserere Joann^ Quem mors pnrrenieiu non sinitesse borem.
5l2 ÉPIGRAMMES.
Mais de belles Êirces gentilles.
Auquel jeu jamais ne perdit , Mais il gaigna bruict et crédit , Amour, et populaire estime, Plus cpie d^escttz, comme j^estime.
Il fut en son jeu si adextre , Qu'à le veoir on le pensoit estre Yvrongnç, quand il s'y prenoit, Ou badin , s'il Tentreprenoit :
Et n'eust sceu faire en sa puissance Le sage : car à sa naissance Nature ne luy feil la trongne , Que d'un badin , ou d'un y vrongne.
Toutesfoys je croy fermement , Qu'il ne feit onc si vivement Le badin qui rit , ou se mord , Comme il Êiict maintenant le mort.
Sa science n'estoit point vile , Mais bonne : car en ceste ville Des tristes triSteur destoumoit , Et l'homme aise en aise tenoit.
Or bref, quand il entroit en salle
Avec une chemise sale ,
Le front, la joue, et la narine
Toute couverte de farine ,
Et coiffé d'un béguin d'enfant ,