LA MORT DE MARGOT
Un jour Robin vint Margot empoîngner En luy monstrant l'oustil de son ouvrage, Et sur le champ la voulut besongner :
Mais Margot dit : vous me feriez oultrage , Il est trop gros et long à Tadvantage. Bien dit Robin , tout en vostre fendasse Je le mettray : et soudain il Tembrasse , Et la moytié seulement y transporte.
Ah dit Margot , en faisant la grimace , Mettez y tout, aussi bien je suis morte. '
' La verve du cynique Régnier s'est exercée sur un sujet â peu près semblable.
LISETTE TVÉb VÀR KOWX.
Luette , k qui l*on faisoic tort.
Digitizëi by VjOOQIC
IIVRE VU. 543
A UNE VIEILLE y PRIS SUR CE VERS:
Non gaqdet veteri sanguine moUb amor.
V EULX tu vieille ridée entendre Pourqnoy je ne te puis aymer ?
Amour, Penfant mol, jeune et tendre , Tousjours le vieil sang trouve ainer.
Le yin nouveau fàict animer Plus Pesprit que vieille boisson , Et puis Ton n'oyt bien estimer Que jeune chair , et vieil poisson. '
Vînt à Robin toute esplorée , Et loy dit : Donne-moy la mort Que tant de fois j'ay désirée.
Loj , qni ne la refuse en rien, Tire son.... tous m'entendei bien , Puis an bas du Tentre la frappe.
Elle ,qni veut finir ses jours , Lny dit : Mon cœur, pousse toujours De crainte qne je n*en resdiappe.
Mais Robin , las de la servir.
Craignant une nonvelle plainte , Luy dit : Haste toi de mourir , Car mon poignard n'a plus de pointe.
' Ce proverbe ëtait connu avant Marot , comme on le voit par les vers suivans , tires du Desbai de deux Sœurs disputant d*amours. L'ainëe, qui ëtait, suivant Texpression de L. Dufresnoy , assez rusëe pour entretenir toujours quatre ou cinq paires d^amans, parle ainsi à sa cadette :
Je fais tenir les jeunes vieux , Disant qu^ilz ont des biens largesse, Et que nulz antres je ne veulz , Car j'ayme moulfleur grand^sagesse , Combien que ne suis pas clerge8.se
aymer jamais jeunes coquars ,
544 ÉPIGRÀMMES.
D^ÙNE VIEILLE DAME FORT PASLE ET D*nn VIEIL GEKTILHOMKE.
Un E dame du temps passé
Vey nagueres entretenue
D'un vieil gentilhomme cassé ,
Qui avoit la barbe chenue :
Alors la souhaitastes nue
Entre ses bras. Maïs puis quHl tremble,
Et puis que morte elle ressemble ,
Monsieur si pitié vous remord,
Ne les faictes coucher ensemble ,
De paour qu'ilz n'engendrent la mort.
d'un moyns et d*uwe vieille.
Un moyne un jour jouant sur la rivière. Trouva la vieille en lavant ses drapeaux , Qui luy monstra de sa cuisse heroniere Un feu ardant ou joignoient les deux peaulx ,
Ce seroit à moj gràod'simpleKse De refuser donc les vieillards.
Aux jeunes dy que les Ticillards £n rien jamais ne me complaisent , £t vouidrois qu^ils fussent tous ars , Car tous leurs faicts fort me desplaisent , Adonc iU m'accoUent et baisent , Puis je leur dy tout en bas son ^ Que riens ne trouve qui me plaisent
' Que jeune cbair et vieil poisson.