SUR LA DEVISE DE MADAME DE LORRAINE, AMOUR ET FÛT
Amour, et foy sont bien appariez:
Voyre trop mîeulx ensemble mariez , Que les hmAains, qu^en ce monde on marie : Car jamais foy de l'amour ne varie :
Et vous humains bien souvent variez.
Dames de cueur icjr estudiez :
Ces deux beaulx dons Dieu vous a dédiez. Et sont seans en haulte seigneurie Amour, et foy.
Tant sont uniz, tant sont bie^ alliez Qu'oubliant l'un , l'autre vous duhUez : Si l'amour fault, la foy u'e3t plus chérie : Si foy pérît, l'amour s'en va perie :
Pour ce les ay eii devise liez , Amour et foy.
RBSPOJïSE AUX VERS' AFFICHEZ DANS PAAiS, QUAND BEDDA^ FUT FORBANNY VOUIANS ESMOUVOIR LE PEUPLE A SEDITION CONTRE LE ROY.
JiiN l'eau, en l'eau ces folz séditieux Lesquelz en lieu des divines parolles
' Voici ces vers , dans lesquels respirent la haine des reformés , et cet acharnement féroce que l'on retrouve à chaque page de l'histoire de ces malheureux tems. Le fanatisme et la rage les ont dictés ; Tignorance les a écrits :
An feu , an feu , ceste hérésie
Qui jour et nuict trop nous blesse :
Dois-ta souâfrir telle moleste Saincte Escriture et ses Edictz ?
Yenlx tu baunir science parfaicte Pour sotntenir Luthériens mauldictx ?
Grains ta Dieu , qu'il le permette Toy et tes biens qui sont fleurie
Face périr ?
Paris , Paris , fleur de noblesse , Soustien la loy de toy qu'on blesse , On autrement fouldre et temcpeste Cil erra sur toy, je t'en adrcrtys :
Prions tous le roy de gloire Qn''il confonde ces bereti^es maulditx Affin qn*il n'en soit plus mémoire t Non plus que des os pouriz.
Ali feu , au feu , c'est le repaire Faict en justice, Dieu l'a permys.
Le crime se couvre toujours du nom de Dieu comme d'un bouclier sacré qui arrête le mépris et la vengeance des hoiâtees. Les mains teintes de sang, marchant sur leurs victimes à deiaouveaux homicides , les bourreaux de la St.-Barthâemy associaient la Divinité a leurs exécrables forfaits. Bavailiac accusait Dieu d'avoir conduit son bras dans le cœur d'Henri IV. Les monstres de la révolution renversaient les autels, dressaient les échafauds , et prononçaient le nom de TÊtre suprême.
^ Bedda (Moél) , 'docteur en théologie dan^Ttinirversité de Paris ,
123 rondeaux;
Preschent au peuple un tas de monopolles Pour esmouvoir^debatz contentieux.
Le roy leur est un peu trop gratieux : ' Que n'a-il mis à bas ces testes folles En l'eau.
Hz ayment tant les vins délicieux Qu'on peult nommer cabaretz leurs escolles : Mais refroidir feuldroit leurs chauldes colles Par le rebours de ce qu'ilz ayment mieulx En l'eau.
et principal du coUëge Montaigu , fut l'esprit le plus factieux du tems de François I". Il prétendit avoir découvert un grand nombre d'hërésies dans les écrits d'Érasme , et il dressa plusieurs accusations que celui-ci renversa victorieusement.
Ses factions, ses violentes déclamations contre les nouvelles doctrines , et ceux qui n'étaient pas assez ardens à les réprimer, le firent livrer au bras séculier. Condamné à une amende honorable, Bedda, à la porte de la cathédrale de Paris, en présence du peuple assemblé, confessa qu'U avait attaqué, dans ses discours et dans ses écrits, le roi et la vérité ; ensuite il fut banni de France. Personne ne se montra si zélé persécuteur des partisans de Luther. Théodore . de Bèze attribue à un jugement de Dieu plutost que des hommes l'arrêt par lequel iifut caréné au MontSaint-Michel où il mourut.
' François ,1*' que la politique seule , comme on le soupçonne , attachait a Téglise romaine , avait, jusqu'en i534, protégé ou plutM toléré les différentes sectes qui se multipliaient de tous côtés. Mais ce monarque obéissait moins a sa conscience qu'à ses intérêts ; les murmures d'une populace fanatique , de sévères réprimandes que la puissance papale rendait redoutables y le forcèrent à combattre ouvertement les nouvelles doctrines ; et tandis qu'il entretenait des intelligences secrettes avec les confédérés de Smalkade , et soutenait