‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 38 sur 293 · A UN CREANCIER · texte numérisé non relu

A UN CREANCIER

U N bien petit de près me venez prendre Pour vous payer : et si debvez entendre Que je n'euz onc Ângloys * de .vostre taille.

' Marot n'aurait pas ëtë yraiment poète s'il n'avait pas eu de créanciers.

' Les Anglais, mattres de Paris sousGkarles Vif, s'étaientrendus odieux parleurs vexations et leurs usures. On disait '.Il y a des Anglais en cette rue ; cette phrase proverbiale signifiait : Je dois de Pargent à quelqu'un qui demeure dans cette rue, et je n'y veux point passer de peur de recevoir un affront. On se servait de leurnom pour désigner des créanciers, témoin ces vers de Crétin.

Marchands taquins , usuriers incr«dules ,

Pour recongnoistre ou nier mes cedales ,

Me fnrent hier adjouriker et citer ,

£t anjoard'hui je fais solliciter

Tons mes Anglop pour Iti restes padaire ,'

Et le payement edticr leur satisfaire.

l32 RONDEAUX.

Car à tous coups vous criez, baille, baille, Et n^ay dequoy contre vous me deffendre.

Sur moy ne fault telle rigueur estendre : Car de pecune un peu ma bourse est tendre : Et toutesfoys f 'en ay , vaille que vaille , Un bien petit.

Mais k vous veoir (ou Ton me puisse pendre) Il semble advis , qu'on ne vous vueille rendre , Ce qu'on vous doibt : beau sire ne vous cbaîUe , Quand je seray plus gamy de cliquaille, Vous en aurez : mais il vous fault attendre Un bien petit

A UN POUR AVOIR DE l'ARGSNT.

liiN beau papier je sçay tant bien signer, S'il vous plaisoit, monseigneur^ jme finer Un cent d'escuz, ' par vostre gentillesse, J^aurois tantost contente mon hostesse , Et m'en irois soudain après disner.

Si vous voulez me faire consigner,

' Un poète ne connaît guéres Tayarice , accoutume à semer Por dans ses vers , il attache peu de valeur à ce vil métal, et croit quUl ne coûte pas plus de donner que de recevoir. Matot qui manquait toujours d'argent et jamais de créanciers , avait souvent recours à l'inépuisable générosité du roi \ on voit qu'eUe ne lui suffisait pas.

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