‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 56 sur 293 · DE CELLUY DE QUI L^AMYE A FAICT NOUVEL AMY · texte numérisé non relu

DE CELLUY DE QUI L^AMYE A FAICT NOUVEL AMY

Jusque à la mott, dame t^eusâe clamée, Mais un nouveau t'a si bien réclamée,

£t n^estoit bruict de mer «n cuisine Au bon vieux temps.

Dames aux huys n^ayoicJnt clefz , tte loquets : Leur garde robbe estoit petis paquetz De canevas , bu de grçsse estaiiuaf :

Or, dyamans, on laissoit en leur mine , i

£t les.couleurs porter aux penroquetz , Au bon vieux temps.

On trouve plus d^esprit dans ce rondeau , et plus de sentiment dans celui de Marot.

Le Roman de la Rose vante aussi cet amour heureux et innocent que connaissaient les premiers hommes.

• Jadib au tems nos premiers pères ^

£t de nos primeraines mères , Cooune la lectre le tesmoigne , Par qui nous sçavons la besoigne , Furent amours loyaux ^tfiues , Sans convoitises , ne rapines :

Et le siècle moult précieux N'estoyt pas si délicieux

Ne de robbes , ne.de viandes : /

Mais cueilloyent ez bop les glandes Pour pains , pour chairs et pour poissons : £t cherchoyent par ces buissons , Par vaulx, par plains et par montai gncs , Pommes , poires , noix et chastaignes , etc. y

L^aimahle Pemoustier, dans ses Lettres sur la Mythologie, fait une peinture de Tâge d'or qui rappelle ces deux rondeaut.

Si^les heureux de la simplicité , De rinnocence et de la bonhomie ,

Qù Pon disait toujours la vérité ;

l64 RONDEAUX.

Que tu ne veulx qu'à son leurre venir, SI nepeulx tu contre moy sonstenir, Parquoj Famour deust estre consommée.

Car en tous lieux tonsjours t'ay estimée Et si on dict que je t'ay depnmee, Je dy que non« et le yeulx maintenir ^ Jusque à la morL

Dieu doint que pis tu n'en sois renommée : Car s'il est sceu, tu en seras nommée : Femme sans cueur , qui ne se peult temr D'aller au change , e( à grand tort bannir Celluy , qui l'eust par&ictement aymee Jusque à la mort.

Ou U beauté n*éuit jamais fardée ; On Ton n'avait ni le lait virginal , Ni blanc , ni noir , ni ronge végétal ; Oii déoenunent on n'était pas volage ; Où chaque aqunt heureux était discret ; Oh sans écrin , ni bijou , ni portrait , Du tendre objet que Ton idolâtrait 4u fond du cœur on conservait rimage....

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