LIVRE II. l
iSsS.
d'un amant marrt contre sa damë^
J)v tout me veulx déshériter De ton amour : car proufiter Je Q^y pourroîs pas longne espace, Veu qu^un autre reçoit ta grâce , Sans mieulx que moy la mériter.
Puis qu'à toy se veult présenter De moy se debvra contenter:
Car je luy quitteray la place Du tout.
Tes grâces sont fort à noter ^ On n'y sçauroit mettre, n'osler, Tu as beau corps , et belle Êice, Mais ton. cneur est plein de fallace : ' Voyla qui m'en faict déporter Du tout
' n a perdu la tendresse de Diane ; il n'a plus d'espoir de la recoayrer. Alors les plaintes font place anxânjuresy comme si les injures aTaient quelque pouYoir sur un cœur que les doux reproches de Famour n'ont pu toucher ! Il irrita cette heantë orf^eil • leuse ;
FttKns ^d femina possit !
l66 RONDEAUX-
DE l'inconstance d*tsabeau}<
CiOMME inconstante, et de cueur faidse et lasche,
Elle me laisse. Or puis qu^aiusi me lascbe ,
A vostre ad vis ne la doy je lascher ?
Certes ouy : mais autrement fascher
Je ne la veulx , combien qu'elle me fasche.
Il'luy fauldroit (au train qu'à mener tasche ) Des serviteurs à journée, et à tasche : En trop de Keux veult son cueur attacher Gomme inconstante.
Or pour couvrir son ^rand vice , çt sa tache Souvent ma plume à la louer s'attache : Mais à cela je ne veulx plus tascher : Car je ne puis son mauivais bruict cacher . Si seurement, qu'elle ne le, descache, Comme inconstante.
' C'est Diane de Poitiers que le poète appdle Isàbeaa ; depuis le jour qui lui découvrit Pincoastaiice de cette maîtresse^ il nelatlësigna plus par un autre nom.